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Trick ’r Treat : les règles d’un véritable Halloween américain

La soirée touche à sa fin. Emma et Henry rentrent chez eux après avoir célébré Halloween et commencent déjà à retirer les décorations installées devant leur maison. Emma souffle notamment la bougie d’une jack-o’-lantern.

Henry lui rappelle qu’elle devrait attendre. Éteindre une citrouille avant la fin de la nuit ne se fait pas.

Emma hausse les épaules. Mauvaise idée.

Dans Trick ’r Treat, Halloween n’est pas simplement une date du calendrier. Ses traditions constituent de véritables règles et quelqu’un semble veiller à ce qu’elles soient respectées.

Après Halloween : La Nuit des masques, E.T. l’extraterrestre et Hocus Pocus, ce dernier film de notre série va donc encore plus loin : Halloween devient cette fois le véritable personnage principal.

Sam, l’esprit d’Halloween

Avant Trick ’r Treat, il y eut un petit film d’animation.

En 1996, alors étudiant à la Tisch School of the Arts de New York, Michael Dougherty réalise Season’s Greetings. Pendant quelques minutes, un étrange enfant vêtu d’un pyjama et dont la tête est dissimulée sous un sac en toile parcourt les rues à la recherche de bonbons.

Il s’appelle Sam.

Dougherty continuera ensuite à dessiner son personnage avant d’en faire, quelques années plus tard, le fil conducteur de son premier long métrage.

Son idée est simple : Noël possède le Père Noël, Pâques son lapin, mais Halloween n’a pas vraiment de mascotte unique. Michael Myers incarne bien la peur, mais pas le côté ludique et malicieux de la fête. Sam devait réunir les deux.

Mignon de loin. Beaucoup moins lorsqu’on oublie les traditions du 31 octobre.

Quatre histoires pour une seule nuit

Trick ’r Treat se déroule pendant une nuit d’Halloween à Warren Valley, dans l’Ohio.

Mais plutôt que de raconter une seule histoire, Michael Dougherty en entremêle plusieurs. Un proviseur possède quelques secrets inquiétants. Des adolescents s’aventurent sur les lieux d’une vieille légende locale. Un homme âgé et solitaire reçoit une visite qu’il aurait préférée éviter. De jeunes femmes préparent quant à elles leur soirée.

Les histoires se croisent, la chronologie joue avec le spectateur et certains personnages aperçus quelques secondes deviennent soudain essentiels. Dougherty lui-même a résumé le concept avec humour : « Pulp Fiction meets Halloween ». Une comparaison qui explique bien mieux le film qu’un long résumé — et permet surtout de préserver ses nombreuses surprises.

Les règles de Trick ’r Treat

Derrière toutes ces histoires se cachent quelques principes élémentaires.

Michael Dougherty explique avoir repris quatre règles qu’il associait lui-même à Halloween lorsqu’il était enfant : porter un costume, distribuer des friandises, ne jamais éteindre prématurément une jack-o’-lantern et toujours vérifier ses bonbons.

Dans la réalité, ces habitudes vont de la véritable tradition à la peur populaire. Vérifier les friandises, par exemple, renvoie à des décennies d’histoires américaines autour de bonbons prétendument empoisonnés ou piégés.

Trick ’r Treat ne cherche pas vraiment à démêler le folklore de la réalité. Il préfère imaginer un monde dans lequel toutes les histoires que l’on raconte à Halloween pourraient être vraies. Et Sam s’assure que personne ne les oublie.

Quand Charlie Brown fait aussi partie de la tradition

Un tout petit dialogue résume parfaitement cette relation entre Halloween et culture populaire américaine.

Le proviseur Steven Wilkins demande à son fils d’aller regarder Charlie Brown. La référence renvoie à It’s the Great Pumpkin, Charlie Brown, le spécial télévisé diffusé pour la première fois en 1966 dans lequel Linus attend toute la nuit l’arrivée de la Grande Citrouille.

Depuis, le programme est lui-même devenu un classique saisonnier. Autrement dit, dans un film consacré aux traditions d’Halloween, un père envoie son enfant regarder à la télévision une œuvre devenue elle aussi une tradition d’Halloween.

Difficile de mieux montrer comment la fête se transmet désormais autant par la culture populaire que par les citrouilles et les bonbons.

L’Amérique que montre Trick ’r Treat

Halloween a envahi le quartier

Le contraste avec Halloween : La Nuit des masques est saisissant.

En 1978, quelques citrouilles et quelques décorations suffisaient à signaler le 31 octobre. Près de trente ans plus tard, Trick ’r Treat montre des jardins littéralement envahis.

Des draps blancs deviennent des fantômes. Les éclairages se multiplient autour de maisons déjà abondamment décorées. De véritables citrouilles occupent toujours perrons, marches et barrières, parfois par dizaines.

Les costumes connaissent la même évolution. Certains semblent achetés, d’autres bricolés à la maison. Robots, créatures, personnages plus traditionnels ou déguisements fantaisistes se mélangent dans les rues.

Halloween n’est plus simplement visible. Il occupe tout l’espace.

Les enfants ont toujours la rue pour eux

Pourtant, quelque chose n’a presque pas changé depuis Laurie Strode et Elliott.

Les enfants continuent de parcourir les rues sans leurs parents. Nous retrouvions cette liberté dans Halloween en 1978, dans E.T. en 1982 puis dans Hocus Pocus en 1993. Elle existe encore ici.

Ce qui change, c’est l’environnement. Les rues sont désormais bondées et bruyantes. Les costumes permettent de dissimuler presque n’importe quelle apparence et l’agitation devient telle que quelqu’un en difficulté peut facilement passer inaperçu.

Halloween fournit donc deux camouflages à la fois : le déguisement et la foule. Ce que Michael Myers ou E.T. exploitaient déjà individuellement est ici devenu une caractéristique de toute la ville.

Une fête désormais aussi adulte

Les adultes ont également pris possession d’Halloween. Ils remplissent les rues avec leurs propres costumes et organisent des soirées où musique et alcool accompagnent largement les déguisements. L’une des fêtes montrées par le film pourrait presque avoir lieu n’importe quel samedi soir si ses participants n’étaient pas grimés en créatures diverses.

Hocus Pocus montrait déjà en 1993 des parents faisant la fête pendant que leurs enfants récoltaient des bonbons. En 2007, cette évolution semble achevée : Halloween appartient autant aux adultes qu’aux enfants.

Chez M. Kreeg, le temps s’est arrêté

Tout le film ne cherche pourtant pas à montrer une Amérique résolument moderne.

La maison de M. Kreeg, interprété par Brian Cox, paraît presque sortie d’une autre époque. On y remarque encore un téléphone à cadran, un téléviseur à tube cathodique et une imposante télécommande. Ces objets ne représentent plus vraiment l’Amérique moyenne de 2007. Ils racontent plutôt leur propriétaire. Kreeg est isolé, hostile à Halloween et coupé de son quartier. Même son intérieur semble être resté prisonnier du passé.

Dans un film où tout le monde participe à la fête, sa maison est presque la seule à refuser d’avancer avec le reste de la ville.

Et évidemment, Sam finit par frapper à sa porte.

Le film d’Halloween que les salles n’ont presque jamais montré

Le destin de Trick ’r Treat possède enfin quelque chose d’assez ironique.

Prévu initialement pour une sortie américaine le 5 octobre 2007, le film est retiré du calendrier. Après plusieurs projections en festival, il ne bénéficie finalement pas de la grande sortie en salles envisagée et arrive directement en vidéo en octobre 2009. Michael Dougherty expliquera plus tard que le studio avait probablement hésité devant un film d’horreur aussi inhabituel.

Comme Hocus Pocus avant lui, le film va pourtant profiter des visionnages répétés d’octobre pour construire progressivement sa réputation.

Un destin assez logique, finalement, pour un film entièrement consacré à une tradition annuelle.

Pourquoi regarder Trick ’r Treat cette année ?

Parce qu’après trois films qui montraient Halloween, Trick ’r Treat cherche presque à nous en expliquer les règles.

Il rassemble tout ce que nous avons observé depuis le début de cette série : enfants dans les rues, costumes, bonbons, citrouilles, maisons décorées, fêtes d’adultes et cette étrange liberté accordée au quartier pendant quelques heures.

Mais il ajoute une idée supplémentaire. Toutes ces habitudes ne sont pas là simplement parce qu’elles sont amusantes. Elles forment un rituel.

Michael Myers utilisait Halloween pour se cacher. E.T. profitait de ses costumes pour sortir dans la rue. Les sœurs Sanderson revenaient parce que quelqu’un avait allumé une bougie.

Sam, lui, n’a besoin d’aucun prétexte. Halloween est sa raison d’être.

Où voir Trick ’r Treat ?

En France, Trick ’r Treat n’est actuellement proposé par aucun grand service de streaming par abonnement. Il peut en revanche être loué ou acheté sur Apple TV Store, Amazon Video ou Youtube.

Vous pouvez également retrouver le film en cliquant sur le lien suivant :

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Avec Trick ’r Treat, Halloween devient une fête où certaines traditions doivent absolument être respectées… sous peine de mauvaises surprises ! Et vous, quels films aimez-vous regarder pour vous plonger dans l'ambiance du 31 octobre ? Plutôt films d'horreur, comédies fantastiques ou classiques à voir en famille ? Venez partager vos incontournables sur la Communauté Nick’s Blog !

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