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Halloween aux États-Unis : histoire, traditions et comment le vivre comme un Américain

Citrouilles devant les maisons, squelettes dans les jardins, enfants déguisés qui passent de porte en porte et adultes qui préparent eux aussi leur soirée : à la fin du mois d’octobre, Halloween aux États-Unis dépasse largement la simple soirée du 31.

J’ai pu m’en rendre compte à l’automne 2025 lors d’un voyage en famille à New York. Plusieurs jours avant Halloween, les décorations étaient déjà partout, des maisons du New Jersey où nous dormions jusqu’aux rues de Manhattan. Le soir venu, Coney Island s’est progressivement rempli de familles costumées et, même le lendemain, nos filles ont encore reçu des bonbons lors de notre visite de Top of the Rock.

Pourtant, les Américains n’ont pas inventé Halloween. Ils ont fait quelque chose de peut-être plus intéressant : ils se sont approprié plusieurs traditions venues d’Europe pour construire une fête devenue profondément américaine.

Halloween n’est pas née aux États-Unis

L’histoire est plus complexe que le raccourci souvent entendu selon lequel « Halloween vient de Samhain ».

La fête celtique de Samhain, célébrée autour du passage à la saison sombre, constitue bien l’une de ses influences anciennes. Au fil des siècles s’y ajoutent les fêtes chrétiennes de la Toussaint et des morts, ainsi que différentes traditions britanniques et irlandaises. Le nom Halloween dérive lui-même de All Hallows’ Eve, la veille de la Toussaint. Les pratiques de souling puis de guising, qui consistaient notamment à se présenter de maison en maison, participent également à cette histoire complexe.

Lorsque les immigrants irlandais et écossais arrivent massivement en Amérique au XIXe siècle, ils emportent une partie de ces traditions avec eux. Mais le Halloween qu’ils pratiquent ne ressemble pas encore vraiment à celui de Michael Myers, d’Elliott ou des sœurs Sanderson.

Comment Halloween est devenu américain

À la fin du XIXe siècle, les États-Unis commencent à transformer la fête. Les réunions de voisinage, jeux, costumes et aliments de saison prennent progressivement davantage de place. Des responsables locaux et des journaux encouragent même une version plus familiale et communautaire, moins centrée sur les superstitions et les mauvais tours.

Cela ne suffit pas à faire disparaître ces derniers. Dans les années 1920 et 1930, Halloween peut encore être synonyme de farces parfois franchement destructrices. L’organisation de fêtes de quartier et le développement du trick-or-treat permettent notamment de canaliser cette énergie.

La Seconde Guerre mondiale freine temporairement cette évolution à cause du rationnement du sucre. Après 1945, tout s’accélère : baby-boom, construction de nouvelles banlieues résidentielles et retour des sucreries créent un environnement idéal. Des millions d’enfants peuvent désormais parcourir des rues bordées de maisons familiales, et les fabricants de bonbons comprennent rapidement l’intérêt commercial de la soirée.

Le trick-or-treat tel que nous l’imaginons aujourd’hui devient ainsi l’un des grands rituels de l’enfance américaine.

Et Halloween ne va plus vraiment cesser de grandir.

En 2026, la National Retail Federation estime que les Américains devraient dépenser 13,5 milliards de dollars pour Halloween. 74 % des consommateurs interrogés prévoient de célébrer la fête ; 61 % comptent distribuer des friandises, 50 % porter un costume, 42 % décorer leur maison ou leur jardin et autant sculpter une citrouille.

Comment les Américains vivent Halloween

Tout commence souvent devant la maison.

Les véritables citrouilles côtoient désormais fantômes, pierres tombales factices, toiles d’araignées, squelettes, lumières et parfois des installations impressionnantes. Certaines familles restent très sobres, quand d’autres transforment leur jardin en véritable décor de cinéma.

Puis vient le trick-or-treat. Les enfants enfilent leurs costumes et passent de porte en porte. La maison qui participe le signale généralement de manière assez évidente : éclairage allumé, décorations ou occupants attendant les visiteurs avec leurs réserves de friandises.

Le costume a lui aussi beaucoup évolué. Aux créations faites maison se sont ajoutés des déguisements commerciaux de plus en plus élaborés. Mais Halloween n’appartient surtout plus uniquement aux enfants : fêtes privées, bars, concours et événements permettent aux adultes de jouer eux aussi le jeu.

Cette dimension collective est probablement ce qui distingue le plus la fête telle qu’on l’imagine aux États-Unis. Une maison décorée seule dans sa rue produit peu d’effet. Lorsque tout un quartier participe, l’espace quotidien change soudainement de visage.

Mon Halloween à New York en 2025

C’est quelque chose que nous avons particulièrement ressenti lors de notre voyage familial à New York à l’automne 2025.

Bien avant le soir du 31 octobre, les décorations étaient déjà visibles devant de nombreuses maisons, aussi bien dans les rues new-yorkaises que dans le New Jersey où nous avions choisi de dormir. Citrouilles, squelettes et personnages installés devant les façades faisaient partie du paysage quotidien pendant tout le séjour.

À Chelsea Market, nous avons changé d’échelle. Les décorations étaient omniprésentes et particulièrement travaillées : pour quelques semaines, le célèbre marché semblait avoir entièrement adopté Halloween. J’en parle davantage dans mon carnet consacré à la High Line, Little Island et Chelsea Market.

Le soir d’Halloween, direction Coney Island. À notre arrivée, le parc d’attractions était presque étrangement calme et nous nous sommes retrouvés pratiquement seuls. Puis, au fil de la soirée, familles et visiteurs sont arrivés et l’ambiance a progressivement changé. Ce décor de fête foraine, déjà atypique en temps normal, semblait naturellement fait pour Halloween. Cette soirée est racontée plus en détail dans mon article consacré à Halloween à Coney Island.

Et la fête débordait même du 31 octobre. Le lendemain, lorsque nous sommes montés à Top of the Rock, nos filles ont encore reçu chacune un sachet de bonbons. Ce petit détail résume finalement assez bien ce que j’ai retenu : Halloween n’était pas seulement un événement auquel nous avions assisté. Pendant plusieurs jours, il faisait partie de la ville.

Comment vivre Halloween comme un Américain ? Quatre films pour commencer

Notre série d’octobre permet justement de passer quatre soirées dans quatre versions différentes de l’Amérique.

Avec Halloween : La Nuit des masques, direction 1978. On y découvre une banlieue américaine presque ordinaire, avec ses maisons en bois, ses baby-sitters, ses station wagons et un Halloween encore très discret. C’est précisément cette normalité qui permet à Michael Myers d’être aussi inquiétant.

Quatre ans plus tard, E.T. l’extraterrestre raconte quelque chose de très différent. Halloween devient une nuit de liberté pour les enfants : ils parcourent seuls le quartier et Elliott peut enfin sortir E.T. de la maison, caché sous un simple drap blanc. La fête devient le moment où un véritable extraterrestre peut passer inaperçu au milieu des monstres.

Avec Hocus Pocus, nous arrivons à Salem en 1993. Halloween devient beaucoup plus coloré et collectif : les maisons sont davantage décorées, les enfants remplissent les rues tandis que leurs parents se déguisent eux aussi pour aller faire la fête. Ajoutez trois sorcières et vous obtenez probablement l’une des représentations les plus chaleureuses de l’Halloween familial américain.

Enfin, Trick ’r Treat nous transporte en 2007 dans une ville où Halloween semble avoir tout envahi. Le film ne se contente plus de montrer la fête : il lui invente presque un règlement. Porter un costume, distribuer des bonbons, respecter sa jack-o’-lantern… Sam veille au grain.

Quatre époques, quatre Amériques

Les quatre films de ce dossier ne constituent évidemment pas une étude sociologique des États-Unis. Pourtant, vus chronologiquement, ils montrent assez joliment l’évolution de l’imaginaire d’Halloween.

1978
Halloween : La Nuit des masques

Halloween apparaît encore comme une fête de quartier relativement sobre : quelques citrouilles, des enfants dans les rues et des baby-sitters dans une banlieue américaine ordinaire.

1982
E.T. l’extraterrestre

La fête appartient surtout aux enfants, qui prennent possession du quartier, circulent à vélo et profitent d’une grande liberté le soir du 31 octobre.

1993
Hocus Pocus

Halloween devient plus visible, plus coloré et surtout intergénérationnel : les enfants font du trick-or-treat tandis que les adultes se déguisent et font eux aussi la fête.

2007
Trick ’r Treat

Halloween semble avoir envahi toute la ville : décorations, costumes, fêtes d’adultes, rues bondées et rituels du 31 octobre deviennent le véritable cœur du film.

Trente années séparent Laurie Strode de Sam. Les citrouilles sont toujours là, tout comme les enfants qui réclament leurs friandises, mais Halloween est devenu beaucoup plus visible et spectaculaire.

Que lire à Halloween ? Trois Stephen King plutôt que les évidences

Impossible pour moi de prolonger Halloween sans passer par Stephen King, mais plutôt que de conseiller une nouvelle fois Ça, Shining ou Simetierre, autant profiter de trois romans dont j’ai déjà parlé sur le blog.

Pour commencer sans s’engager dans un énorme pavé, Après reste une très bonne proposition : court, fluide et suffisamment fantastique pour accompagner une soirée d’octobre.

Docteur Sleep convient davantage à ceux qui veulent prolonger la nuit avec quelque chose de plus sombre, en retrouvant Danny Torrance bien des années après les événements de Shining.

Mais mon choix le plus personnel serait peut-être Joyland. En découvrant Coney Island en 2025, ses attractions, son bord de mer et son ambiance de parc d’un autre temps m’ont immédiatement rappelé le roman de King. Les deux lieux ne sont pas les mêmes, évidemment, mais j’y ai retrouvé quelque chose de cette Amérique des fêtes foraines que Joyland évoque si bien.

Que mange-t-on à Halloween ?

Il faut d’abord distinguer Halloween de l’automne américain dans son ensemble.

Pour le trick-or-treat, le bonbon individuel règne en maître : chocolats en petits formats, sucreries et évidemment l’inimitable candy corn, dont l’origine remonte aux années 1880, même si son association avec Halloween s’est développée ensuite.

Les pommes au caramel appartiennent également à l’imaginaire de la saison.

En revanche, pumpkin pie, boissons au pumpkin spice ou cidre chaud évoquent plus généralement l’automne américain. Rien n’interdit évidemment d’en faire son menu du 31 octobre, mais ils ne sont pas l’équivalent d’une tradition obligatoire du réveillon.

Pourquoi découpe-t-on une citrouille ?

La jack-o’-lantern est peut-être le meilleur symbole de la manière dont les États-Unis ont transformé Halloween.

Dans les îles Britanniques, notamment en Irlande, on sculptait traditionnellement des navets, mais aussi parfois d’autres légumes-racines, pour créer des lanternes aux visages inquiétants.

Arrivés en Amérique au XIXe siècle, les immigrants découvrent une alternative nettement plus pratique : la citrouille, originaire du Nouveau Monde, plus grande, abondante et beaucoup plus facile à creuser. Le changement de légume finit par créer l’un des symboles les plus reconnaissables de l’Amérique automnale.

Une tradition européenne venait une nouvelle fois de devenir typiquement américaine.

Halloween, une saison avant d’être une soirée

C’est peut-être la plus grande différence entre Halloween tel qu’on le pratique encore souvent en France et l’expérience américaine : le 31 octobre n’est que l’aboutissement d’une saison.

En 2026, près de la moitié des consommateurs américains interrogés par la NRF avaient commencé leurs achats d’Halloween dès septembre ou auparavant.

La télévision possède également ses rituels. Depuis des décennies, It’s the Great Pumpkin, Charlie Brown fait partie des programmes associés à cette période, au point d’être présenté par Peanuts comme l’un de ses grands rendez-vous saisonniers.

Les parcs à thème vont encore plus loin. En 2026, Mickey’s Not-So-Scary Halloween Party à Walt Disney World a commencé dès le 7 août, avec des soirées jusqu’au 31 octobre — toutes les dates ont d’ailleurs affiché complet. Universal Orlando organise de son côté ses Halloween Horror Nights du 28 août au 1er novembre.

Et nul endroit ne symbolise mieux cette transformation que Salem. En octobre 2025, le centre-ville a accueilli environ 1,1 million de visiteurs uniques, dont 96 600 pour la seule journée d’Halloween.

Halloween n’est donc plus simplement une soirée. C’est devenu une saison culturelle.

Alors, comment vivre Halloween comme un Américain ?

Il n’est pas nécessaire d’habiter une maison de Nouvelle-Angleterre, de transformer son jardin en cimetière ou de réserver un billet pour Salem.

Une vraie citrouille à sculpter, quelques décorations, des bonbons prêts pour d’éventuels visiteurs, un costume que l’on accepte de porter même après l’enfance, un film, un roman inquiétant et quelque chose d’automnal à manger suffisent déjà à créer l’ambiance.

Mais après avoir revu ces quatre films et surtout après avoir vécu Halloween à New York, je retiens autre chose.

Ce qui donne à Halloween aux États-Unis son caractère particulier n’est finalement ni Michael Myers, ni les tonnes de bonbons, ni même les squelettes géants devant certaines maisons.

C’est le fait que, pendant quelques semaines et plus encore pendant quelques heures le soir du 31 octobre, tout le monde accepte de jouer le jeu. Les enfants sonnent aux portes. Les adultes se déguisent. Les commerçants décorent leurs vitrines. Les voisins illuminent leurs maisons. Les parcs d’attractions changent d’identité. Même ceux qui ne participent pas vraiment vivent au milieu de la fête.

Et c’est probablement pour cela qu’Halloween paraît si américain : non pas parce que les États-Unis l’ont inventé, mais parce qu’ils ont réussi à transformer une collection de vieilles traditions venues d’ailleurs en une expérience collective à laquelle tout un quartier, parfois toute une ville, peut participer.

Discussion sur la Communauté Nick’s Blog

Et vous, comment allez-vous célébrer Halloween cette année ? Soirée déguisée, marathon de films d'horreur, décoration de la maison ou distribution de bonbons aux enfants ? Que vous soyez en France ou aux États-Unis, venez raconter vos préparatifs, partager vos traditions et échanger vos idées sur la Communauté Nick’s Blog !

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FAQ – Fêter Halloween comme un américain

Pourquoi Halloween est-elle si populaire aux États-Unis ?

Parce que la fête y est devenue bien plus qu’une tradition du 31 octobre : elle combine culture populaire, décorations, costumes, trick-or-treat, événements familiaux et soirées pour adultes. Avec le temps, elle s’est transformée en véritable saison culturelle.

Halloween est-elle une fête d’origine américaine ?

Non. Halloween s’est construit à partir de plusieurs traditions européennes, notamment celtiques, irlandaises, écossaises et chrétiennes. Les États-Unis ont ensuite profondément transformé ces coutumes pour donner naissance à la fête telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Qu’est-ce que le trick-or-treat ?

Le trick-or-treat consiste pour les enfants à passer de maison en maison, déguisés, afin de demander des friandises. La pratique s’est surtout développée aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les banlieues résidentielles. En France, l’expression utilisée est « des bonbons ou un sort« .

Pourquoi les Américains sculptent-ils des citrouilles à Halloween ?

La tradition vient de lanternes sculptées dans des navets et d’autres légumes-racines dans les îles Britanniques. En Amérique, la citrouille s’est imposée parce qu’elle était plus abondante, plus grosse et plus facile à creuser.

Comment vivre Halloween comme un Américain ?

Il suffit surtout de jouer le jeu : sculpter une vraie citrouille, décorer son logement, prévoir des bonbons, se déguiser, regarder un film ou lire une histoire inquiétante et faire de la soirée un moment collectif.