Il y a quelques mois, alors que je flânais dans le tabac-presse d’une gare ferroviaire, mon regard s’est arrêté sur un petit livre de poche signé Freida McFadden. Son titre : Le Dîner.
J’ai été assez surpris. J’avais déjà lu plusieurs romans de cette auteure américaine, notamment La Femme de ménage, La Psy, La Prof ou encore La Locataire, et je pensais suivre d’assez près ses nouvelles publications. Pourtant, je n’avais jamais entendu parler de celui-ci. Plus étonnant encore, je ne l’avais pas vu sortir en grand format, comme c’est généralement le cas des romans que j’achète.
Intrigué, j’ai retenu le titre. Quelques semaines plus tard, ma femme me l’offrait pour mon anniversaire.
Je savais donc que j’allais retrouver l’univers de Freida McFadden, ses intrigues inquiétantes et ses retournements de situation. Du moins, c’est ce que je croyais.
Car je n’étais absolument pas préparé à ce qui m’attendait.
Le Dîner : un roman dont vous êtes le héros
L’histoire débute avec une situation relativement classique pour un thriller psychologique. Vous êtes une jeune femme confrontée à de sérieux problèmes d’argent. Votre situation devient préoccupante lorsque l’une de vos amies vous propose un travail aussi simple que lucratif : assurer le service lors d’un dîner organisé dans un manoir isolé.
La rémunération est particulièrement généreuse. Presque trop belle pour être vraie.
Accepteriez-vous cette proposition ? Ou préféreriez-vous écouter cette petite voix qui vous conseille de vous méfier ?
C’est ici que Le Dîner se distingue des autres romans de Freida McFadden.
Vous n’êtes pas simplement spectateur de l’histoire : vous devez prendre des décisions qui en modifient le déroulement.
À différents moments du récit, le livre vous invite à choisir entre plusieurs possibilités, chacune vous renvoyant vers un passage différent. Vos décisions influencent les événements et peuvent conduire à des dénouements radicalement différents.
Autrement dit, Le Dîner reprend le principe des fameux « livres dont vous êtes le héros », mais dans un univers de thriller psychologique.
Un concept que je n’avais absolument pas anticipé.

Une entrée en matière qui m’a presque fait refermer le livre
Je dois l’avouer : les premières pages m’ont sérieusement dérouté.
En découvrant qu’il allait falloir faire des choix, sauter d’un passage à un autre et potentiellement revenir en arrière, j’ai immédiatement eu quelques réserves.
Lorsque je lis un roman, j’aime me laisser porter par une intrigue. Je n’apprécie pas particulièrement de revenir sur ce que j’ai déjà lu, et encore moins de parcourir plusieurs fois les mêmes passages. Ce n’est tout simplement pas ma manière habituelle d’aborder un livre.
Et voilà que Freida McFadden me demandait de faire exactement l’inverse !
J’ai même envisagé d’arrêter ma lecture presque immédiatement. Seulement, il y avait un petit problème : j’étais dans un avion, avec encore quatre bonnes heures de vol devant moi et aucun autre livre sous la main. J’ai donc poursuivi.
Et, avec le recul, je crois que j’ai bien fait.
Une Freida McFadden différente, mais toujours aussi efficace
Passée la surprise du format, j’ai progressivement commencé à prendre goût à cette expérience.
Car si Le Dîner s’éloigne des romans habituels de Freida McFadden, on y retrouve rapidement ce qui fait, à mes yeux, l’une des grandes qualités de son écriture : cette capacité à nous donner envie de tourner les pages.
L’auteure sait installer une atmosphère inquiétante, susciter la curiosité et nous pousser à découvrir ce qui se cache derrière une situation en apparence anodine.
Et cette fois, elle dispose d’un ressort supplémentaire : nos propres décisions.
Chaque choix devient une occasion de s’interroger. Ai-je pris la bonne direction ? Aurais-je dû me méfier de cette personne ? Que se serait-il passé si j’avais agi autrement ?
Cette curiosité finit rapidement par prendre le dessus.
J’ai également été surpris par la dimension fantastique de certains développements de l’histoire. Ce n’est pas vraiment le registre auquel Freida McFadden m’avait habitué. Ses thrillers jouent généralement davantage sur les secrets, les manipulations et les comportements humains.
Pour autant, cet aspect ne m’a pas particulièrement dérangé. Dans un récit qui assume dès le départ de sortir des conventions habituelles, cette liberté supplémentaire ne me semble pas incohérente.
Il faut simplement accepter de ne pas retrouver exactement ce que l’on connaît de l’auteure.
Une narration à la deuxième personne qui fonctionne étonnamment bien
Autre particularité du livre : Freida McFadden s’adresse directement à nous.
Le récit utilise la deuxième personne, nous plaçant au cœur de l’action plutôt que dans la position habituelle d’un observateur.
C’est un procédé que je rencontre assez rarement dans mes lectures et qui pourrait, dans un roman traditionnel, me sembler artificiel.
Ici, pourtant, cela fonctionne plutôt bien.
Puisque nous sommes invités à décider de la suite des événements, il est finalement assez naturel que l’auteure nous interpelle directement. Cette narration renforce le sentiment de responsabilité face aux décisions prises, même si l’on sait évidemment que toutes les possibilités ont été imaginées à l’avance.
On ne se contente plus de se demander ce que va faire le personnage principal.
On doit se demander ce que l’on ferait à sa place.
Et ce petit changement de perspective contribue largement au caractère amusant de l’expérience.
Des personnages moins développés et des conclusions inégales
Tout n’est pas parfait pour autant.
La profondeur des personnages, notamment, m’a semblé assez limitée. On ne dispose pas toujours du temps nécessaire pour apprendre à les connaître, comprendre leurs motivations ou s’attacher véritablement à eux.
Mais est-ce réellement ce que l’on attend d’un tel ouvrage ? Je ne le pense pas.
Contrairement à un roman classique, dans lequel l’auteure peut développer progressivement ses personnages et construire une intrigue sur plusieurs centaines de pages, Le Dîner doit multiplier les embranchements et proposer différentes trajectoires.
Cette structure impose nécessairement quelques compromis.
J’ai également trouvé que toutes les conclusions ne se valaient pas. Certaines m’ont davantage convaincu que d’autres, que ce soit par leur originalité, leur profondeur ou l’effet de surprise qu’elles produisent.
Il y a donc un côté un peu inégal à l’ensemble.
Mais je serais assez indulgent sur ces points, car ce livre ne cherche manifestement pas à offrir la même expérience que La Femme de ménage ou La Psy.
Son intérêt réside avant tout dans le jeu qu’il instaure avec le lecteur, et dans le plaisir de découvrir les différentes possibilités imaginées par McFadden.
Un livre qui donne envie de recommencer l’histoire
C’est probablement ce qui m’a le plus surpris.
Au début de ma lecture, l’idée même de revenir en arrière et de relire certains passages me rebutait. Je craignais que cette mécanique ne devienne rapidement répétitive, voire agaçante.
Et pourtant, plus j’avançais, plus j’avais envie de savoir ce qui se serait passé en empruntant un autre chemin.
Une fois arrivé à une première conclusion, la curiosité a pris le dessus. Je suis revenu à certains choix, j’ai exploré d’autres possibilités et découvert de nouveaux développements. Jusqu’à finir par parcourir tous les scénarios possibles.
Un comble pour quelqu’un qui, quelques heures auparavant, envisageait de refermer le livre parce qu’il ne voulait justement pas avoir à relire certains passages !
Il faut dire que Le Dîner se lit très rapidement. Les différentes séquences sont relativement courtes et l’on progresse facilement d’une décision à l’autre.
Ce n’est pas le genre de roman dans lequel on s’immerge longuement pour suivre une intrigue unique. C’est plutôt une succession de petites expériences narratives, avec cette envie permanente de découvrir ce qui nous attend au prochain embranchement.
Et finalement, j’ai trouvé cela plutôt amusant.
Mon avis sur Le Dîner de Freida McFadden : une bonne surprise
Lorsque j’ai commencé Le Dîner, je n’avais lu aucune critique, aucun avis, aucun commentaire. Rien.
Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre.
À vrai dire, j’espérais simplement retrouver un thriller dans la lignée des précédents romans de Freida McFadden que j’avais appréciés. Une intrigue mystérieuse, des personnages dont on découvre progressivement les secrets et, bien entendu, quelques retournements de situation dont elle a le secret.
À la place, j’ai découvert une expérience littéraire radicalement différente.
Les premières pages m’ont franchement déstabilisé. Je craignais même de ne pas apprécier le livre. Et pourtant, j’ai fini par me prendre au jeu, au point de vouloir explorer tous les scénarios proposés.
Alors, Le Dîner est-il le meilleur roman de Freida McFadden ? Certainement pas à mes yeux. Les personnages manquent parfois d’épaisseur, toutes les conclusions ne sont pas aussi réussies et l’ensemble ne procure pas la même satisfaction qu’un thriller classique particulièrement bien construit.
Mais ce serait une erreur de le juger uniquement selon ces critères.
Le Dîner est avant tout une expérience de lecture originale, rapide et divertissante. Un petit livre qui nous invite à abandonner nos habitudes et à accepter, pour une fois, de ne pas simplement suivre l’histoire.
Je ne pensais pas apprécier ce principe. Finalement, j’ai passé un bon moment.
Comme quoi, il suffit parfois d’un livre trouvé par hasard dans une gare, d’un cadeau d’anniversaire et de quatre heures de vol sans autre lecture pour découvrir que sortir de ses habitudes peut avoir du bon.
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