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Musée du 11 septembre et Halloween à Coney Island – New York (31 octobre 2025)

Ce matin, direction le musée du 11 septembre. C’est une visite que j’attendais depuis longtemps, presque en retenue depuis le début du voyage. Avant même d’entrer, nous passons par le mémorial extérieur et prenons le temps d’observer les deux immenses bassins, le sud puis le nord, chacun occupant l’emplacement exact d’une des tours jumelles. L’eau s’y déverse sans fin, dans un silence presque irréel, seulement troublé par le bruit de la ville alentour. Les noms des victimes sont gravés tout autour, rappelant que cet endroit n’est pas qu’un site architectural, mais un lieu de mémoire profondément ancré dans l’histoire de New York.

Visite du musée du 11 septembre

Le musée du 11 septembre est construit sous le mémorial, à plusieurs mètres sous terre, comme si l’on descendait physiquement dans les fondations du drame. À l’entrée, nous sommes un peu surpris de devoir payer un supplément de 11 dollars par audio-guide. J’en prends tout de même un, avec l’envie de ne rien manquer. La voix qui accompagne la visite est celle de Robert De Niro. Le ton est sobre, presque retenu, et contribue à l’intensité de l’expérience.

Le parcours est dense, structuré en plusieurs zones. Certaines sont consacrées à la chronologie des événements du 11 septembre 2001, d’autres aux témoignages des survivants, des proches de victimes ou des premiers secours. On y trouve des objets récupérés dans les décombres, des morceaux de la structure des tours, des véhicules endommagés, mais aussi des enregistrements audio et vidéo particulièrement marquants. L’un des mini-reportages explique comment, ce jour-là, plusieurs capitaines de navires ont spontanément organisé une évacuation massive par voie maritime pour porter secours aux personnes coincées à Manhattan. Une opération improvisée, devenue la plus grande évacuation maritime de l’histoire, et pourtant encore relativement méconnue.

Nous ressortons plus de deux heures après être entrés. J’aurais pu rester encore longtemps. En remontant à la surface, je me surprends à penser que des milliers de personnes ont perdu la vie exactement à cet endroit, il y a un peu plus de vingt ans. Le contraste avec l’agitation actuelle du quartier est tristement étonnant.

Survivor Tree

Juste à côté du mémorial se trouve le Survivor Tree. Cet arbre, un poirier de Callery, a été retrouvé gravement endommagé dans les décombres après l’effondrement des tours. Soigné puis replanté, il est aujourd’hui devenu un symbole de résilience et de reconstruction. Chaque année, des boutures sont offertes à des communautés ayant traversé des tragédies similaires. Là encore, le symbole est discret, mais puissant.

Whole Foods Market

Cette matinée chargée en émotions nous a ouvert l’appétit. Même si Léna n’est pas totalement convaincue, nous déjeunons chez Whole Foods Market. L’occasion de manger à peu près sain, ce qui ne fait jamais de mal au milieu de ce séjour new-yorkais. Une fois de plus, nous sommes surpris par l’omniprésence du plastique : couverts emballés individuellement, contenants jetables… Un détail presque anodin, mais qui contraste avec l’image souvent plus “responsable” associée à ce type d’enseigne.

Direction Coney Island

Après manger, nous prenons deux métros en direction de Coney Island. Dans le second wagon, alors que Sarah s’apprête à s’asseoir sur une place libre, une jeune femme l’interpelle pour lui signaler que le siège est mouillé. Elle se déplace ensuite pour lui laisser sa place. Un petit geste, mais qui tranche avec l’image parfois froide que l’on peut se faire du métro new-yorkais.

La fin du trajet est longue. Le wagon se vide peu à peu jusqu’à ce qu’il ne reste plus que nous et deux jeunes. Les filles commencent à s’inquiéter. Sarah se demande si le parc est fermé à cause du vent. Le doute s’installe vraiment lorsque le métro s’arrête en pleine voie. Les haut-parleurs diffusent quelques annonces, j’en comprends simplement que le trafic est temporairement interrompu.

Finalement, nous arrivons à Coney Island. La gare est déserte. Des déchets sont éparpillés un peu partout, l’ambiance est étrange. En nous dirigeant vers le parc, nous constatons qu’il est presque vide lui aussi. On entend des cris au loin. Zoé lâche alors, très sérieusement :

« Si les gens crient, c’est super ! »

Coney Island, entre nostalgie et parc d’attractions

L’île de Coney Island occupe une place particulière dans l’histoire de New York. Dès la fin du XIXᵉ siècle, le quartier devient un haut lieu du divertissement populaire, avec ses plages, ses parcs d’attractions et ses attractions mécaniques. Luna Park, Dreamland ou Steeplechase ont façonné l’imaginaire collectif américain. Aujourd’hui, le site a perdu une partie de sa splendeur d’antan, mais conserve une atmosphère unique, à mi-chemin entre nostalgie et fête foraine.

Zoé et Sarah se lancent rapidement dans une première attraction à sensations fortes, puis une seconde. Avec Léna, nous optons pour un tour de kart électrique. Rien de mémorable, mais ça occupe. Zoé, de son côté, enchaîne toutes les attractions à sensations accessibles. Léna est plus réservée et, comme moi, préfère rester en retrait.

L’une des attractions finit par venir à bout de Sarah. Je prends alors le relais et continue avec Zoé. Nous enchaînons encore quelques manèges jusqu’à la tombée de la nuit. Le parc étant situé juste à côté de l’océan, la plage s’étend à perte de vue et le coucher de soleil est magnifique. Les couleurs sont douces, presque irréelles, contrastant avec le bruit métallique des attractions.

Nous sortons les déguisements. Halloween prend enfin tout son sens. Les filles récupèrent quelques bonbons dans les boutiques encore ouvertes, et l’ambiance devient soudain plus chaleureuse, presque familiale.

Buy one, get two free!

Avant de repartir, nous faisons un arrêt chez Nathan’s, une véritable institution à Coney Island. Fondée en 1916, l’enseigne est indissociable de l’histoire du quartier et de ses célèbres hot-dogs. Sarah choisit une version avec oignons sautés, je prends un Classic. Les filles n’ont pas faim… jusqu’à ce que nous passions devant Dunkin’ Donuts. Léna se laisse tenter. À peine arrivés au comptoir, on nous offre deux donuts gratuits. Nous en achetons finalement un seul pour elle.

Le retour se fait en métro puis en PATH. Au fil des stations, les wagons se remplissent de plus en plus de personnes costumées. Nous passons par l’Oculus, au World Trade Center, ce qui me permet de faire quelques photos depuis l’intérieur. L’architecture est toujours aussi impressionnante, presque futuriste, et contraste fortement avec ce que nous avons vu le matin même au musée.

En arrivant à l’hôtel, on me demande si je vais courir le marathon dimanche. Malheureusement non. Peut-être une prochaine fois.

Aujourd’hui, nous avons tout de même parcouru un peu plus de 15 km à pied. J’ai pris 108 photos avec mon appareil et 202 avec mon téléphone, dont cinq vidéos. Une journée dense, marquée par l’histoire, les émotions et un Halloween très new-yorkais.