On m’avait prêté « Les délices de Tokyo » il y a quelques temps déjà. Attiré depuis longtemps par la culture japonaise, je ne lisais pourtant que très peu de romans japonais jusqu’à présent. Début 2025, j’avais bien découvert un premier roman japonais, mais il s’agissait d’un polar. Une lecture que j’avais beaucoup apprécié, sans pour autant aller plus loin. Puis ce petit livre de Durian Sukegawa a fini par trouver sa place sur ma table de chevet.
Dès les premières pages, l’ambiance m’a surpris. Ici, pas de tension permanente ni de rebondissements spectaculaires. Le roman prend son temps et relate la rencontre entre Sentarô, qui travaille dans une petite échoppe de dorayaki, et Tokue, une vieille dame discrète au savoir-faire exceptionnel. Une histoire en apparence simple, mais bien plus profonde qu’elle n’en a l’air.
Résumé du livre
« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Pourquoi les délices de Tokyo m’a touché ?
Ce qui m’a particulièrement marqué dans ce roman, c’est l’évolution progressive de la relation entre Tokue et Sentarô. Tout se construit lentement, avec beaucoup de pudeur, jusqu’à devenir une relation profondément tendre. Le livre offre aussi un très bel exemple d’amitié intergénérationnelle, sans jamais tomber dans les clichés.
La transmission occupe également une place centrale dans le récit. Au départ, Sentarô ne semble pas prêt à recevoir ce que Tokue tente de lui apprendre. Pourtant, au fil des pages, cette transmission devient le coeur du roman. Transmission d’un savoir culinaire, bien sûr, mais aussi d’une manière de regarder le monde et de trouver un peu de beauté dans les choses simples.
J’ai aussi beaucoup apprécié le style de Durian Sukegawa, particulièrement fluide et agréable à lire. Le livre dégage une douceur constante, tout en transmettant énormément d’émotions à travers ses personnages. Il y a également une vraie philosophie de vie derrière cette histoire, une manière plus calme et contemplative d’aborder les blessures du passé et les relations humaines.
Et puis il y a toute la dimension culinaire ! Les descriptions autour des dorayaki et de leur préparation sont si précises qu’elles donnent réellement envie de cuisiner… Ou simplement d’aller goûter ces pâtisseries japonaises.
Une parenthèse douce et apaisante
Les délices de Tokyo raconte finalement une très belle rencontre entre deux êtres marqués, chacun à leur manière, par des étapes de vie difficiles. Un roman à la fois tendre, parfois mélancolique, mais aussi profondément humain.
Cette lecture m’a donné envie de m’intéresser davantage aux romans japonais et à ces histoires souvent plus lentes et contemplatives. Curieusement, elles m’apaisent peut-être davantage qu’un roman de Michael Connelly… même si j’apprécie énormément ses livres.
Et maintenant que j’ai refermé ce roman, j’aimerais découvrir son adaptation cinématographique, idéalement installé avec une tisane aux fleurs de cerisier et quelques dorayaki à portée de main…