Je me souviens encore de ma surprise lorsque j’ai aperçu Gwendy et la boite à boutons dans les rayons d’une librairie. Mon regard a immédiatement été attiré par le nom de Stephen King inscrit sur la tranche. Pourtant, quelque chose me semblait étrange. Le livre était minuscule.
À cette époque, je venais tout juste d’achever la lecture de 11/22/63 et j’étais plongé dans Dreamcatcher. Deux romans massifs, plusieurs centaines de pages chacun, capables de vous accompagner pendant des semaines. Alors forcément, voir un ouvrage de Stephen King aussi fin m’a laissé perplexe. Était-ce vraiment un roman du maître de l’horreur ?
La curiosité a finalement pris le dessus. Le livre a rejoint ma pile de lectures et, quelques jours plus tard, je découvrais l’histoire de Gwendy Peterson et de cette mystérieuse boite à boutons capable de changer une vie entière.
Une boite aux pouvoir fascinants
Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.
La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?
Publié en 2017 sous le titre original Gwendy’s Button Box, ce court roman est le fruit d’une collaboration entre Stephen King et Richard Chizmar.

Retrouver Castle Rock, comme retrouver de vieux amis
Ce que j’apprécie particulièrement chez Stephen King, c’est cette impression de revenir régulièrement dans un univers familier. Avec Gwendy et la boite à boutons, l’auteur nous ramène à Castle Rock, cette ville fictive qui sert de décor à plusieurs de ses oeuvres.
On y retrouve cette atmosphère typiquement « Kingienne », faite de petites villes américaines, de secrets, de nostalgie et de personnages profondément humains. Les références à d’autres romans sont discrètes mais bien présentes, renforçant encore ce sentiment d’appartenir à une immense fresque littéraire.
J’ai notamment beaucoup apprécié le clin d’oeil à 11/22/63 vers la fin du récit, lorsque la mort de John F. Kennedy est évoquée. Pour moi qui considère ce roman comme son oeuvre préférée de King, difficile de ne pas sourire devant cette référence.
Une histoire plus douce que les habituels cauchemars du King
Les lecteurs habitués aux romans les plus sombres de Stephen King risquent d’être surpris. Durant une grande partie du récit, l’auteur reste relativement sage. L’ambiance est fantastique, parfois inquiétante, mais rarement véritablement horrifique. Ce n’est qu’à l’approche de la conclusion que l’on retrouve davantage la noirceur qui caractérise souvent son oeuvre.
Cette relative douceur m’a parfois donné l’impression de lire un roman destiné à un public plus jeune. La question m’a d’ailleurs accompagné pendant toute ma lecture : ce livre pourrait-il constituer une première découverte de Stephen King pour ma fille de 10 ans ?
La réponse n’est pas totalement évidente. Certains thèmes abordés restent encore un peu matures pour de jeunes lecteurs, mais l’idée n’est pas absurde. Comparé à des romans comme Ça, Simetierre, ou même Shining, Gwendy et la boite à boutons apparaît beaucoup plus accessible.
Une excellente idée qui se dévore rapidement
Le concept de départ est particulièrement séduisant. Qui n’a jamais rêvé de posséder un objet capable d’influencer le destin, tout en craignant les conséquences de son utilisation ?
Gwendy est une héroïne attachante, intelligente et étonnamment mature. Face à la situation extraordinaire qui lui tombe dessus, elle ne se comporte jamais avec légèreté. Ses hésitations et ses questionnements rendent le personnage crédible et facile à apprécier.
L’un des grands atouts du livre réside dans son rythme. Stephen King et Richard Chizmar vont droit au but. Les descriptions sont limitées au strict nécessaire et l’intrigue progresse rapidement. Résultat : il est difficile de lâcher le livre avant de l’avoir terminé. En deux ou trois heures, l’histoire est bouclée.
Cette efficacité narrative a toutefois son revers. J’aurais aimé que certains aspects soient davantage développés. La boite à boutons elle-même reste entourée de nombreux mystères. Qui est réellement l’homme au chapeau noir ? D’où vient cette boite ? Quelle est son histoire ? Les auteurs choisissent volontairement de conserver une part de mystère, mais je suis resté un peu sur ma faim. Les questions s’accumulent au fil des chapitres et, lorsque la dernière page arrive, certaines demeurent sans réponse. Quelques dizaines de pages supplémentaires auraient permis d’explorer davantage ces éléments fascinants.
Malgré cela, le roman remplit parfaitement son objectif : proposer une histoire fantastique accessible, qui pousse le lecteur à réfléchir à la manière dont l’être humain utilise le pouvoir lorsqu’il se retrouve entre ses mains.
Mon avis sur Gwendy et la boîte à boutons
Sans être un incontournable de la bibliographie de Stephen King, Gwendy et la boite à boutons reste une lecture très agréable. J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Castle Rock et l’ambiance si particulière des romans du King. L’histoire est efficace, les personnages fonctionnent bien et le concept de la boîte à boutons pousse naturellement le lecteur à s’interroger sur ses propres limites.
Plus léger et plus accessible que les oeuvres les plus célèbres de l’auteur, ce court roman constitue une parenthèse agréable dans son univers. Une lecture rapide, captivante et suffisamment intrigante pour donner envie de découvrir la suite des aventures de Gwendy.
Conclusion
Tout au long de ma lecture, je me suis demandé si ma fille de onze ans pourrait découvrir Stephen King à travers ce livre. Finalement, je vais probablement attendre encore un peu avant de le lui prêter, mais Gwendy et la boite à boutons me semble constituer une excellente porte d’entrée vers l’univers de l’auteur.
L’autre bonne nouvelle, c’est que l’historie de s’arrête pas là. Deux autres tomes consacrés à Gwendy ont été publiés par la suite et semblent approfondir son parcours ainsi que les mystères entourant la fameuse boîte. Une perspective qui attise forcément ma curiosité.
Et puis, une fois le livre refermé, une question continue de nous accompagner : si cette boîte à boutons se retrouvait entre nos mains, serions-nous capables de résister à la tentation de l’utiliser ?
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