Ces derniers mois, Sydney Sweeney est sur toutes les lèvres. Pas forcément pour ses films ou ses séries, mais pour une publicité American Eagle et, en ce qui nous intéresse, pour sa passion pour les voitures anciennes. Parmi elles, sa Mustang 1965, qu’elle surnomme Britney, attire l’attention des passionnés : la Ford Mustang de Sydney Sweeney raconte autant son goût pour la mécanique que son histoire familiale.
Je suis allé voir cette semaine La Femme de ménage. Un film adapté d’une série de romans que j’avais déjà analysée dans plusieurs articles. Et si l’histoire m’a captivé, ce qui a retenu mon attention, c’est l’actrice principale et sa passion pour sa Mustang.
Une actrice… élevée dans un garage
Ce qui rend l’histoire intéressante, c’est qu’elle ne tombe pas du ciel.
Sydney Sweeney a grandi dans l’État de Washington, dans une famille proche de la mécanique. Elle a appris à conduire sur un vieux Ford F-100 familial, bien loin des plateaux de tournage. Elle confie d’ailleurs que Rod Emory, qu’elle considère comme un second père, est garagiste. C’est aussi le propriétaire d’un grand atelier dont il a libéré une partie pour qu’elle puisse travailler sur ses propres projets.
Pendant les périodes creuses, elle ne collectionne pas les supercars. Elle démonte, restaure, apprend. C’est dans ce contexte qu’elle s’est fait connaître autrement, via son compte TikTok syds_garage, en restaurant notamment un Ford Bronco ancien. Pas comme un élément de décor, mais comme un vrai projet.
La Mustang de Sydney Sweeney : une rencontre récente
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Mustang de Sydney Sweeney est une histoire récente. En novembre 2023, elle parle sur Instagram de l’arrivée d’un “new baby”. Il s’agit de sa Ford Mustang de 1965, qu’elle surnomme Britney. Ce n’est donc pas une voiture conservée depuis l’adolescence, c’est plutôt un coup de cœur tardif. Mais déjà très investi !
Une Mustang 1965 au caractère bien affirmé
J’ai analysé un bon nombre de photos et de vidéos pour rédiger cet article. Prenons le temps de décrire cette auto ensemble.
D’abord, contrairement à ce que l’on peut lire parfois, ce n’est pas un cabriolet. C’est un coupé équipé d’un toit vinyle. Ensuite, plusieurs détails sautent aux yeux : fausses prises d’air sur le capot, fausses prises d’air latérales, marquage GT 350 sur les ailes avant… Tout cela fait penser à l’esthétique d’une Shelby GT350… Mais soyons précis. Ce n’est pas une Shelby authentique ! Les GT350 d’origine étaient exclusivement des fastbacks, en boîte manuelle, avec une préparation très spécifique.
En revanche, tout indique qu’il s’agit là d’une Mustang GT de 1965, modifiée dans un esprit Shelby, comme on en voyait beaucoup à l’époque. Une Mustang pensée pour le plaisir, pas pour les concours.
La voiture est équipée d’une boîte automatique, que Sydney dit avoir conservée d’origine, tout comme le poste radio et certains éléments de finition.

À bord : le goût des années 60
Une vidéo permet d’apercevoir un intérieur Pony bleu, option emblématique des Mustang de cette génération. Elle mentionne également un volant Shelby, des enjoliveurs d’origine et des rétroviseurs “obus”, typiques de l’époque. L’ensemble est cohérent. Pas figé, mais respectueux de l’esprit d’origine.
En ce qui concerne la couleur de Britney, elle est souvent décrite comme baby blue, parfois Brittany Blue, voire Robin’s Egg Blue. Dans les faits, aucune de ces appellations ne correspond strictement au catalogue Ford Mustang 1965. Visuellement, on se rapproche plutôt de teintes comme Skylight Blue (1964½) ou Arcadian Blue (1965). Il est donc très probable que la voiture ait été repeinte, ou que la presse utilise des noms modernes pour décrire un bleu pastel ancien. Et au fond, ce n’est pas un problème. Cette Mustang n’est pas un objet d’archive, c’est une voiture choisie pour ce qu’elle dégage.



Une Mustang qui évolue, pas une pièce de musée
En 2023, Sydney Sweeney évoquait plusieurs évolutions à venir :
- améliorer la direction (elle ne disposait pas de l’option direction assistée)
- ajouter des freins à disque à l’arrière (suggérant qu’elle en avait déjà à l’avant, telle une GT)
- sortir le moteur pour le fiabiliser et l’optimiser
Des choix que je reconnais immédiatement. Ce sont exactement les questions que se posent tous ceux qui roulent vraiment en Mustang ancienne. J’en parlais déjà dans mon article Fiabiliser une Mustang ancienne : ces voitures demandent des compromis si l’on veut continuer à les utiliser dans les conditions de circulation actuelles.

De la Mustang ancienne à la Mustang 2024
En 2024, Ford a franchi une étape supplémentaire : ils ont proposé à Sydney Sweeney de concevoir une Mustang 2024 GT inspirée de sa Mustang 1965 Britney. Le résultat est un modèle contemporain mais chargé de références rétro :
- Peinture “Robin’s Egg Blue” métallisée avec couche « crushed-glass » pour un rendu unique
- Jantes chromées de 20 pouces
- Signature de Sydney Sweeney sur le moteur
- Plafond intérieur LED étoilé rappelant ses balades nocturnes
- Sièges en cuir embossés du logo “heart bolt” et détails personnalisés dans tout l’habitacle
Deux exemplaires ont été produits : l’un pour Sydney, l’autre offert à une fan (Brittley C.) après un concours qui a reçu près de 5 000 inscriptions. Cette Mustang 2024 incarne la continuité entre héritage et modernité, un peu comme je l’expliquais la semaine dernière dans Quand la Mustang raconte l’Amérique, 60 ans de publicités.







Conclusion – Une Mustang comme point d’ancrage
La Mustang de Sydney Sweeney n’est ni parfaite, ni mythique au sens strict. Ce n’est pas une Shelby d’origine. Ce n’est pas une restauration figée. C’est une Mustang achetée récemment, mais déjà investie. Une Mustang qui roule, qui évolue, qui raconte une histoire.
Dans la catégorie Rencontres, je parle souvent de propriétaires de Mustang, y compris de jeunes femmes moins connues que Sydney, pour qui cette voiture est plus qu’un symbole. Sydney Sweeney s’inscrit exactement dans cette continuité.
Et peut-être que la vraie modernité de la Mustang, aujourd’hui, se trouve là. Pas dans la technologie, mais dans les histoires qu’elle continue de provoquer.
