Quand je me suis intéressé à la Mustang, comme beaucoup, j’ai commencé par regarder des annonces. Pas pour acheter immédiatement, mais pour comprendre. Pour voir ce qui existait réellement derrière le mythe. Et c’est là que je suis tombé sur une Mustang II GHIA.
Sur le moment, ce nom ne m’évoquait rien. Mustang II, oui. Mais GHIA ? Je n’avais aucune idée de ce que cela signifiait. Ce n’était ni une Mach 1, ni une Cobra II, ni une version mise en avant dans les livres ou les films. Pourtant, quelque chose attirait l’œil. Une Mustang différente. Plus élégante. Plus calme.
C’est en feuilletant quelques brochures d’époque que j’ai compris : la GHIA n’était pas une Mustang II ordinaire. C’était une déclinaison luxueuse, pensée pour une autre idée de la Mustang.

La Mustang II : une base déjà controversée
Avant de parler de la Mustang II GHIA, il faut forcément revenir sur la Mustang II elle-même. J’y ai consacré un article complet que je vous conseille de lire : La controversée Mustang II.
Produite de 1974 à 1978, la Mustang II naît dans un contexte difficile : choc pétrolier, normes antipollution, fin annoncée des muscle cars traditionnels. Plus compacte, plus raisonnable, elle divise encore aujourd’hui. Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que la Mustang II a permis à la Mustang de survivre. Et surtout, Ford a su décliner cette base selon plusieurs philosophies. La GHIA en fait pleinement partie.
La Mustang II GHIA est la version haut de gamme de la Mustang II. Le nom GHIA provient du célèbre carrossier italien Carrozzeria Ghia, propriété de Ford depuis le début des années 70. Chez Ford, le badge GHIA devient alors synonyme de finition luxueuse. Sur la Mustang II GHIA, cela se traduit par :
- un toit vinyle très caractéristique,
- une présentation extérieure plus élégante,
- des intérieurs mieux équipés,
- une ambiance clairement orientée confort et distinction.
La Mustang II GHIA n’essaie pas d’être sportive. Elle assume une autre posture : celle d’un coupé personnel, agréable à conduire et valorisant au quotidien.

Une alternative logique
Dans les années 70, tous les clients ne cherchent plus la performance pure. Le marché évolue vers des voitures plus confortables, plus raffinées, sans pour autant renoncer à l’image. Ford comprend que la Mustang peut aussi répondre à cette attente. La GHIA est donc pensée comme une alternative logique aux versions plus démonstratives.
Elle s’inscrit parfaitement entre la Mustang II standard et des versions plus marquées comme la Cobra II. Deux visions opposées, mais complémentaires, d’une même génération.

L’importance de la GHIA
La Ford Mustang II GHIA est produite sur toute la durée de vie de la Mustang II, entre 1974 et 1978. Contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas une version rare ou marginale.
Au contraire, la Mustang II GHIA représente une part importante de la production totale de Mustang II, avec plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires chaque année. Elle fait partie des versions les plus diffusées de cette génération.
Ce succès commercial montre que Ford a visé juste : la GHIA répondait à une vraie demande.



Une Mustang II GHIA que l’on découvre avant de l’aimer
Ce qui est frappant avec la Mustang II GHIA, c’est qu’on ne la choisit presque jamais pour de mauvaises raisons. On la découvre. On s’y intéresse. Et on finit par la comprendre.
C’est exactement ce que j’ai retrouvé dans les histoires de propriétaires que j’ai eu la chance de rencontrer :
- Jade et sa GHIA de 1976
- Antonin et sa GHIA de 1974
- et mon propre parcours avec une Mustang GHIA sauvée
À chaque fois, la même conclusion : la Mustang II GHIA est une voiture que l’on garde.

La Mustang II GHIA aujourd’hui : une autre lecture de la Mustang
Avec le recul, la Mustang II GHIA apparaît comme l’une des déclinaisons les plus cohérentes de la Mustang II. Elle ne cherche pas à imiter les muscle cars disparus. Elle accepte son époque.
Aujourd’hui, elle séduit une communauté de passionnés qui ne cherchent pas la performance à tout prix, mais une Mustang à vivre, à partager, à raconter lors des rencontres.
Conclusion : la GHIA, une Mustang de parcours
La Mustang II GHIA n’est pas la Mustang la plus spectaculaire. Mais elle est essentielle pour comprendre l’histoire de la Mustang. Elle incarne une période charnière, des choix assumés, et une autre manière d’aimer l’automobile américaine. Une Mustang que l’on ne comprend pas toujours au premier regard, mais qui prend tout son sens avec le temps, les kilomètres… et les rencontres.
