José, 76 ans, vit en Seine-et-Marne. En septembre 2018, il fait l’acquisition d’une Mustang II de 1978, alors âgée de quarante ans. Cette Ford Mustang de seconde génération devient rapidement bien plus qu’une voiture de collection. Pour ce passionné de mécanique, elle représente surtout un nouveau projet à améliorer de ses propres mains.
Au fil des mois, José s’attaque donc à l’intérieur, à l’échappement, au moteur, aux freins ou encore à l’embrayage. Son objectif n’est pas d’en faire une voiture de concours. Il souhaite avant tout obtenir une Mustang fiable, agréable à conduire et qui présente bien.
Une passion pour la mécanique en tous genres
La passion de José pour le bricolage ne date pas de l’achat de sa Mustang. Dès l’âge de 14 ans, en 1958, il construit son premier karting. Quelques années plus tard, en 1965, il achète deux voitures à la casse. À partir de ces deux épaves, il réalise un cabriolet sport sur base de Simca de 1950.
Cependant, l’automobile n’est qu’un terrain d’expérimentation parmi d’autres. En 1975, José fabrique son propre hors-bord de quatre mètres. La coque est réalisée en fibre de verre et reçoit un moteur de 40 chevaux. Le bateau est même homologué par le service maritime.
Après la terre et la mer, José se tourne vers les airs. Dans les années 1980, il construit un ULM Delta. Puis il participe au développement des premiers paramoteurs en France. En 1990, son expérience lui permet de contribuer à l’organisation d’une émission de Nicolas Hulot en Corse. Pour Ushuaïa, il construit notamment un paramoteur sans roues.
Bien des années plus tard, José revient finalement à sa première passion : la mécanique automobile. En 2018, il commence donc à chercher une voiture ancienne sur laquelle il pourra travailler.

À la recherche d’une Mustang II de 1978
Cette fois, José souhaite une américaine. Il s’intéresse plus particulièrement aux Mustang de deuxième génération, proposées pour les millésimes 1974 à 1978. Encore peu courantes en France, elles restent alors plus accessibles que les Mustang de première génération.
José ne cherche toutefois pas une voiture parfaite. Son but est justement de trouver une ancienne sur laquelle il pourra bricoler. En revanche, il ne veut pas d’une épave nécessitant une restauration complète de la carrosserie.
Après de nombreuses recherches sur Internet, une annonce retient son attention. La voiture se trouve en Alsace et correspond à son budget. Surtout, son état général paraît suffisamment sain pour servir de base à son projet.
José effectue deux déplacements pour voir et essayer cette Mustang II de 1978. Lors de sa seconde visite, il se décide et conclut l’achat. Il prend ensuite la route pour rentrer chez lui avec sa nouvelle voiture.
Le voyage lui réserve pourtant une première surprise. À environ cinquante kilomètres du lieu de l’achat, José se fait flasher dans une zone limitée à 50 km/h. Il pense pourtant respecter la limitation.
Plus tard, un contrôle à l’aide d’un GPS lui permet de comprendre le problème. L’ancien propriétaire avait monté des pneus d’un diamètre supérieur à celui d’origine. En revanche, le pignon du compteur n’avait pas été adapté. La vitesse affichée était donc fausse. Cette petite modification lui aura finalement coûté 90 euros et un point sur son permis.

Une Mustang II de 1978 à fiabiliser
Trois mois seulement après l’achat, José commence les travaux. Il choisit d’abord de s’occuper de l’habitacle, dont plusieurs éléments méritent une remise en état.
Pour réaliser lui-même la sellerie, il achète une ancienne machine à coudre industrielle et du simili cuir. Il démonte ensuite les panneaux intérieurs des portières. Deux mois plus tard, l’ensemble retrouve sa place. Les revêtements sont neufs, les plastiques repeints et une nouvelle moquette habille l’habitacle.
Cette restauration intérieure illustre bien la philosophie du projet. José préfère fabriquer, réparer ou adapter lui-même dès que cela est possible. Sa Mustang II de 1978 devient ainsi un terrain idéal pour mettre à profit son expérience.

Un échappement entièrement reconstruit
Un autre problème apparaît rapidement. Le V6 pétarade sérieusement et le silencieux finit même par exploser.
L’incident ne décourage pas José. Au contraire, il récupère les parties encore utilisables de l’ancien échappement. Puis il construit lui-même un nouveau silencieux. Cette première version doit lui permettre de rouler en attendant la fabrication d’un modèle en acier inoxydable.
Là encore, José ne se contente donc pas de remplacer une pièce défectueuse. Il cherche à comprendre le problème et à concevoir sa propre solution.

Le V6 sort du compartiment moteur
José décide ensuite d’aller beaucoup plus loin. Il sort le moteur et la boîte de vitesses afin de pouvoir sabler puis repeindre le compartiment moteur.
Le démontage révèle plusieurs mauvaises surprises. Certains joints sont absents, notamment au niveau des collecteurs d’échappement et du calorstat. Le joint de sortie de vilebrequin est également mal centré. Cela explique une fuite importante.
La pompe à essence pose elle aussi problème. Trop serrée, elle s’est fissurée. José la remet donc en état à l’aide de son tour et de sa fraiseuse. De nouveaux joints sont ensuite installés dans les règles de l’art.
Dans le même temps, les étriers de frein avant bénéficient eux aussi d’une remise en état. Petit à petit, la Mustang II de 1978 gagne ainsi en fiabilité.

Des améliorations faites maison
Avant de remettre le moteur en place, José profite du chantier pour modifier plusieurs éléments. Il commence par supprimer le câble d’embrayage. À la place, il conçoit et fabrique une commande hydraulique.
Il s’intéresse également au verrouillage des portières. Là encore, il réalise sa propre adaptation afin d’installer une fermeture centralisée.
Ces transformations ne cherchent pas à modifier radicalement la Mustang. Elles visent surtout à améliorer son agrément d’utilisation. Elles montrent aussi jusqu’où José aime pousser le travail lorsqu’un système peut être perfectionné.

Une Mustang II de 1978 qui doit encore évoluer
Le chantier n’est pas terminé. José découvre notamment que l’ancien propriétaire a remplacé la boîte de vitesses. Or celle qui équipe la voiture provient d’une Mustang de première génération. Elle n’est donc pas parfaitement adaptée à son modèle.
Après quelques recherches, il trouve une boîte d’occasion correspondant à la Mustang II. Au moment où il nous raconte son histoire, il prévoit donc de l’installer lors d’une prochaine phase de travaux.
D’autres interventions sont déjà au programme. José souhaite notamment refaire le pont et ajouter une direction assistée, absente sur sa voiture. Cette modification doit surtout apporter davantage de confort au volant.
Deux ans après son achat, cette Mustang II de 1978 a donc déjà beaucoup évolué. Surtout, elle semble avoir trouvé le propriétaire idéal pour poursuivre sa carrière. Entre restauration, fabrication et améliorations personnelles, José applique toujours la même philosophie : comprendre, réparer et construire lui-même chaque fois que cela est possible.