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Sur la route, sous le soleil californien (11 mai 2019)

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Nous traversons de nombreux champs de bovins, tous plus immenses les uns que les autres.

Aujourd’hui, je vous emmène avec nous sur la route et sous le soleil californien !

Un début de journée comme je les aime

Une fois n’est pas coutume, ce matin encore, nous nous sommes réveillés aux alentours de 6h30 dans notre Motel 6. Le temps de vérifier l’itinéraire, prendre une douche et un café, et nous voilà partis ! Je me fais une tasse de café grâce à la machine disponible dans notre chambre. Ce n’est pas terrible, mais ça fait l’affaire. 

Je profite des quelques minutes de douche de Sarah pour aller le boire dehors. La fraîcheur d’hier soir a laissé place aux rayons de soleil et, si les températures ne sont pas encore très élevées, on peut espérer avoir une belle journée. Ça tombe bien, car nous avons de la route à faire aujourd’hui et un road-trip est toujours plus sympa avec le beau temps. Dehors, les palmiers, le soleil et la chaleur du café sur mes mains me mettent dans d’excellentes dispositions pour commencer la journée !

Les Français sont partout !

Une fois les valises bouclées et chargées dans le coffre de notre Mitsubishi, nous allons payer et rendre la carte de la chambre. L’employé derrière le comptoir nous explique que sa femme est française. Tous les deux ont vécu un an et demi à Paris avant de revenir vivre ici, en Californie. Il appréciait Paris, mais il nous avoue qu’à San Simeon et plus globalement dans l’État doré, il fait toujours beau. Il aime cette vie calme où il fait bon vivre, et tout cela lui manquait lorsqu’il vivait dans la capitale française. En quittant le parking du motel 6, nous prenons la direction de Cambria. C’est là que nous prévoyons de prendre le petit-déjeuner. 

La petite ville se trouve à moins de 10 miles au sud de San Simeon. Située dans le comté de San Luis Obispo et à mi-chemin entre San Francisco et Los Angeles sur la Pacific Coast HighwayCambria nous apparaît comme un lieu calme et composée largement de retraités. Comme pour Carmel, nous nous imaginons bien passer notre retraite ici, si tant est que nous ayons suffisamment de moyens et que le réchauffement climatique n’ait pas éliminé cet endroit de la carte (ça fait beaucoup de suppositions…). 

Les boîtes aux lettres

Alors que nous sommes à la recherche d’un endroit où prendre notre petit-déjeuner, nous apercevons une série de boîtes aux lettres photogéniques devant l’océan. Il faut savoir qu’hier, Sarah avait vu plusieurs « mailing boxes » comme on les appelle ici qui auraient mérité de belles photos. Hélas, nous n’avons pas eu l’occasion de nous arrêter au bord de la route 1 pour les photographier. Je profite du calme et de l’espace disponible pour « shooter », avec mon appareil, ces boîtes aux lettres. Évidemment, comme me le fera remarquer Sarah, elles sont moins jolies que celles de la veille.

Le Redwood Café

Ne sachant pas où prendre notre petit-déjeuner, nous nous arrêtons près de Main Street et garons la voiture. Des maisons de formes surprenantes ne nous laissent pas indifférents. Nous faisons quelques pas et admirons les boutiques qui semblent davantage cibler les résidents locaux que les touristes. 

Nous arrivons finalement devant un établissement appelé le Redwood Café qui semble convenir à notre recherche. La carte nous attire et nous prenons rapidement place en terrasse. Assis devant l’établissement, sous un parasol rose décoloré par le soleil californien, nous constatons que la carte qui nous est proposée est effectivement généreuse et les plats servis à certains convives déjà installés le semblent tout autant.

Un excellent petit-déjeuner avant de prendre la route

Après avoir parcouru deux ou trois fois le menu, Sarah jette son dévolu sur les « Eggs California » tandis que je choisis un « Cakes & Eggs » avec un café. La responsable vient nous servir quelques minutes après notre commande. Je peux voir le sourire satisfait s’afficher sur le visage de Sarah. Son assiette, énorme et encore fumante, est composée d’œufs pochés sur un muffin anglais, accompagné d’une sauce hollandaise, d’avocat, ail et tomate, le tout servi sur un paillasson de pommes de terre. La mienne, plus classique, mais tout aussi énorme, se compose de deux énormes pancakes, de sirop d’érable, de deux tranches de bacon et deux œufs brouillés. 

C’est comme ça que j’aime le petit-déjeuner en voyage ! Sarah et moi nous régalons. Le bâtiment en préfabriqué ne paie pas de mine, et pourtant, comme souvent, c’est un des meilleurs petits-déjeuners que nous prendrons au cours de ce voyage. Avec la route que nous avons à parcourir, il est possible (et souhaitable, au vu de ce que nous venons d’avaler) que nous ne prenions plus qu’un repas ce soir.

Nous rejoignons ensuite la voiture et nous nous apprêtons à nous engager sur la route lorsque mon regard se pose sur un vieux pickup arborant une peinture rouge et noir défraichie devant la Moonstone Redwood Gallery. Je ne peux résister à l’envie de m’arrêter et faire quelques prises de vue. Quelques minutes plus tard, nous voilà de nouveau sur la route 1 pour rallier notre dernière étape en direction du sud : Morro Bay.

Morro Bay, avant d’entrer dans les terres

Nous nous garons une nouvelle fois sur un parking improvisé devant des barrières métalliques dont une porte est restée entrouverte. Nous nous engouffrons dans la faille, quittons nos chaussures et apprécions le sable fin et déjà chaud sous nos pieds. La plage est longue et nous passons un bon moment à nous balader d’un côté à l’autre. Là encore, nous ramassons quelques coquillages pour les filles. 

La lumière est telle que la plage se prête fort bien à de nombreuses photos. Lorsque j’aperçois des promeneurs avec des chiens, je ne les laisse pas partir sans avoir réalisé quelques clichés les mettant en scène. Les deux principaux canidés sont des sujets exceptionnels pour mes prises de vue : l’un est noir, l’autre blanc. Le contraste avec l’eau et la plage est saisissant et la carte mémoire installée dans mon appareil se remplit petit à petit. Lorsqu’elle voit ce que je suis en train de faire, la propriétaire des deux chiens n’hésite pas à lancer un bâton à ses camarades poilus ce qui me permet de capturer des instants plus dynamiques encore. 

Les vagues, inlassables, continuent de venir effacer les traces laissées par humains et animaux tout en prenant soin de laisser derrière elles quelques stries sur la plage. Lorsque nous rejoignons finalement notre véhicule, j’ai l’impression que cette plage n’en a pas fini avec nous : un magnifique Dodge Ram des années 80 avec un sticker « GOD BLESS AMERICA » collé sur le pare choc chromé arrière se tient devant moi, attendant de se faire photographier avec l’océan en arrière-plan. Magique !

De nouveau sur la route !

Installés derrière le pare-brise du Mitsubishi, nous reprenons la route, en direction du nord-est cette fois-ci pour entrer dans les terres par la route 41. Nous devons rejoindre Yosemite d’ici ce soir. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte, les paysages se font plus arides et secs sous le soleil californien. 

Les couleurs, majoritairement vertes et bleues, derrière nous laissent place au jaune et au marron, ce qui n’est pas non plus pour nous déplaire. Sur la route, nous passons toutefois devant quelques vignobles et nous rencontrons de nombreux ruminants dans de grands espaces clôturés où, à quelques endroits, de la verdure diffuse un espace ombragé. 

De la même manière, les habitations regroupées en villes et villages laissent maintenant place à des maisons plus isolées. Par endroit, des voitures anciennes semblent être immobilisés dans des cours depuis plusieurs décennies, comme cette Volkswagen Coccinelle à la peinture bleu ciel qui laisse apparaître l’ancienne couleur rouge en dessous, déposée à côté d’un tracteur, d’un pickup usé et d’une Cadillac qui me rappelle celle utilisée dans le film S.O.S. Fantômes

Nous passons également devant une ferme agricole où tout laisse à penser qu’elle est abandonnée depuis bien des années. Sur cette même route, nous croisons aussi un lieu de stationnement pour « school buses » jaunes typiquement nord-américains permettant aux jeunes enfants de se rendre à l’école.

Le retour du fast-food, ou la découverte de In-N-Out

Il est 14h00 lorsque nous nous apprêtons à passer la seule et grande ville de la route, à savoir Fresno, je jette un coup d’œil à Sarah. Avant même que je n’ouvre la bouche, elle sait exactement ce qui me traverse l’esprit : « si on veut manger avant ce soir, c’est maintenant ou jamais ». Les panneaux sur le bord de la route parlent aussi pour moi. Les nombreux fast-food de la région promeuvent ce que l’on trouve dans les restaurants. 

Difficile de résister

Si nous avions réussi jusque-là à résister à l’envie de découvrir la chaîne In-N-Out, la tentation est désormais trop forte. Cette chaîne originaire de Californie et seulement présente dans l’Ouest des États-Unis existe depuis les années 40. Nous aimerions goûter ce qu’ils y servent et ce, malgré le fait que nous ayons avalé un petit-déjeuner digne d’un brunch il y a de cela quelques heures seulement. 

Notre repas sera simple : un sachet de frites, un burger et une boisson. Non seulement nous ne restons pas sur notre faim, mais nous savons maintenant ce que vaut In-N-Out. Et, nous qui ne sommes pourtant pas friands de fast-food, celui-ci a, de loin, notre préférence. Dommage (ou plutôt heureusement pour notre ligne) que nous n’en ayons pas chez nous, de notre côté de l’Atlantique. Sarah gardera une bonne image de la qualité des produits servis. Quant à moi je resterai friand de leurs frites et des décors typiques des années 50-60. Nous regrettons toutefois que les boissons en libre-service ne permettent pas de se servir en eau minérale. 

Merced

Lorsque nous repartons, il est 14h30 et il y a toujours foule au drive, que l’on appelle ici drive-through. Nous sommes de nouveau sur la route après avoir fait le plein de notre véhicule. Il nous reste seulement deux heures de trajet avant d’arriver à destination. Nous passons par la charmante ville de Merced, typiquement américaine avec villages résidentiels surveillés, puis nous empruntons la route 59. 

Snelling

Le paysage est similaire à celui de la première partie du périple. Nous traversons ensuite ce qui semble être une ville de bikers. Il s’agit de Snelling. De chaque côté de la route, des Harley-Davidson sont garées entre les devantures défraîchies des bâtiments et la rue. Toutes les motos sont plus rutilantes les unes que les autres. Je m’arrête sur le bas-côté pour prendre une série de photos. 

À quelques secondes d’intervalles, plusieurs motos surgissent avec le bruit typique des échappements produit par l’accélération d’un moteur américain. Je sais, de par mon intérêt pour les véhicules américains et leurs sons typiques, que ce que j’entends, c’est ce que l’on appelle ici le « drive-by », c’est-à-dire le son produit par un véhicule en déplacement alors que moi, je reste statique. 

Je profite de cette pause pour photographier un pickup Chevrolet hors d’âge « dans son jus » stationné juste derrière le Mitsubishi. Lorsque nous reprenons la route, à la sortie de la ville, nous assistons au départ de deux camions de pompiers blancs depuis leur caserne.

À partir de là, les routes commencent à devenir sinueuses et nous prenons un peu de hauteur. Nous retrouvons par endroit quelques bovins et la majorité des véhicules que nous croisons est bien souvent dotée de quatre roues motrices et arbore, principalement, un logo Dodge, Ford ou GMC. 

Le lac Dawson

Nous traversons le lac Dawson, bordé par quelques plantes qui contrastent magnifiquement avec le bleu du point d’eau. Sur les routes de La Grange et Yosemite Blvd, nous nous arrêtons de temps en temps pour prendre en photo des champs immenses avec quelques vaches seulement par endroit. 

Coulterville

La route 132 nous emmène jusqu’à Coulterville où il est conseillé de prendre quelques réserves de nourriture pour passer la nuit dans notre « hôtel ». Hélas, ce village n’est composé que d’un bureau de poste, d’un saloon, d’une école et d’une supérette qui ne propose vraiment pas grand-chose, si ce n’est des sandwiches surgelés et des chips. 

Après quelques clichés et la rencontre d’un Portugais installé ici — il nous apprend qu’il possède aussi une maison à Buenos Aires qu’il tente d’ailleurs de nous louer — nous reprenons la route. Sans être agressif ni trop chaud, le soleil californien ne nous a toujours pas quitté. Près de notre logement, nous trouvons une autre supérette, légèrement plus fournie. Nous achetons de quoi nous faire des sandwiches, et filons jusqu’au lieu où nous passerons la nuit.

Yosemite Paradise

Il est à peine 18 heures lorsque nous arrivons à destination. Cela fait plus de quatre heures de route et on ne les a pas senti passer. Notre réservation se trouve au bout d’un interminable chemin. L’endroit s’appelle le Yosemite Paradise: Bed & Breakfast. Il porte bien son nom ! Un grand bâtiment de plain-pied fait de planches peintes en rouge se trouve alors devant le parking. Il s’agit de la maison des propriétaires. Comme nous, d’autres personnes ont réservé une à plusieurs nuits ici. Chaque réservation comprend une petite maisonnette, une sorte de modèle — très — réduit du premier bâtiment incluant un lit, une table de nuit, deux chaises, une desserte, un frigo et une poubelle, rien de plus. C’est simple, c’est efficace. Un WC de chantier, très propre et bien entretenu ceci dit, est à notre disposition à l’extérieur. 

Les hôtes sont très aimables et avenants, comme la majorité des personnes que nous avons pu rencontrer aujourd’hui, que ce soit pour le check-out ce matin, pour prendre de l’essence, ou encore pour commander à l’In-N-Out.

Je prends un peu de temps pour rédiger cet article malgré l’absence de signal Wi-Fi dans notre « maisonnette ». Je regarde aussi les clichés pris aujourd’hui. Vers 19h30, nous allons nous faire des sandwiches dans les espaces communs situés dans le bâtiment principal, puis retournons dans notre petite cabane pour nous coucher dans ce merveilleux endroit après cette journée fantastique.