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David et sa Mustang Bullitt 2008 : l’histoire d’une rencontre inattendue

Parfois, le hasard fait étonnamment bien les choses. En 2016, lorsque David décide enfin de s’offrir la Ford Mustang dont il rêve depuis des années, rien ne le destine à devenir propriétaire d’une Mustang Bullitt 2008. Son objectif est simple : trouver une Mustang GT de cinquième génération équipée du V8 4,6 litres, répondant à des critères bien précis.

Après plusieurs pistes décevantes et quelques déconvenues, une annonce attire pourtant son attention. Celle d’une Mustang Bullitt 2008, une édition limitée produite pour rendre hommage au film Bullitt et à la célèbre Mustang GT 390 fastback conduite par Steve McQueen en 1968. Avec son style épuré, ses évolutions mécaniques et son caractère plus exclusif, cette version ne tarde pas à le séduire.

Quelques semaines plus tard, malgré plusieurs obstacles lors de son achat et de son importation depuis le Colorado, David prend finalement possession de la Bullitt numéro 167, l’un des tout premiers exemplaires produits. Depuis, cette Mustang l’accompagne sur les routes françaises, lors de rassemblements entre passionnés comme au cours de voyages en famille.

À travers son histoire, découvrez comment une recherche qui devait aboutir à l’achat d’une Mustang GT s’est transformée en une véritable aventure autour d’une Ford Mustang Bullitt 2008 devenue particulièrement attachante.

La Mustang Bullitt 2008 en quelques mots

Présentée au Salon de Los Angeles en 2007, la Bullitt 2008 rend hommage au film Bullitt sorti en 1968 et à la Mustang GT 390 fastback pilotée par Steve McQueen. Basée sur la Mustang GT de cinquième génération, elle reçoit plusieurs améliorations spécifiques : moteur V8 4,6 litres de 315 chevaux, échappement retravaillé, suspension revue, freins renforcés et une présentation volontairement dépouillée sans logo Mustang sur la calandre.

Produite à 7 700 exemplaires pour le marché américain, elle devient rapidement une version recherchée par les amateurs de Mustang modernes. Plus d’informations sur mon article dédié à la Bullitt à travers les âges.

À la recherche d’une Mustang GT, David découvre la Bullitt 2008

Une recherche méthodique

En 2016, David se lance sérieusement dans la recherche de sa future Mustang. Pour mettre toutes les chances de son côté, il contacte l’importateur Remler et lui communique un cahier des charges précis. Son objectif est de trouver une Ford Mustang de cinquième génération (S197), produite entre 2005 et 2014, équipée du V8 4,6 litres.

Ses critères sont bien définis : un coupé ou un cabriolet en finition Premium, avec une sellerie cuir noire ou rouge, une carrosserie Torch Red — voire Grabber Orange —, moins de 100 000 kilomètres au compteur et un budget d’environ 25 000 euros. À ce niveau de prix, ses recherches s’orientent naturellement vers les millésimes 2005 à 2009.

Quatre jours seulement après le début des recherches, Remler lui présente une première Mustang. Sur le papier, elle semble correspondre à ses attentes. Malheureusement, son historique Carfax soulève plusieurs interrogations : aucune trace d’entretien et un kilométrage impossible à certifier. David préfère renoncer.

Une deuxième Mustang apparaît rapidement. Cette fois, il s’agit d’un modèle Torch Red à l’intérieur gris clair, accompagné d’un historique irréprochable. Convaincu, David verse un acompte afin de réserver le véhicule le temps de réunir les fonds nécessaires. Mais le scénario tourne court : malgré l’encaissement de l’acompte, le concessionnaire américain décide finalement de vendre la voiture à un acheteur local.

Cette déconvenue est difficile à accepter. Les Mustang répondant à tous ses critères se font rares, en particulier dans la teinte Torch Red qu’il affectionne.

Le coup de cœur pour la Mustang Bullitt 2008

À la fin de l’été, David décide alors d’élargir ses recherches. Il passe des heures à éplucher les petites annonces américaines et assouplit progressivement certains de ses critères, qu’il s’agisse de la couleur, de la sellerie ou même de son budget.

C’est à la fin du mois de septembre qu’il tombe, presque par hasard, sur une annonce inattendue : une Mustang Bullitt 2008.

Ce n’était pourtant pas le modèle qu’il recherchait. Mais cette édition limitée possède de sérieux arguments. Son style volontairement épuré, débarrassé du traditionnel emblème Mustang sur la calandre, son échappement spécifique, ses suspensions retravaillées, son système de freinage amélioré et son statut de série limitée rendent cette version particulièrement séduisante. Plus il se renseigne sur cette Mustang pas tout à fait comme les autres, plus l’évidence s’impose : cette Bullitt est exactement la voiture qu’il lui faut.

David transmet immédiatement l’annonce à Remler. Quelques jours plus tard, la confirmation tombe : la voiture est toujours disponible et son historique Carfax est parf

L’importation d’une Mustang Bullitt depuis les États-Unis

Un concessionnaire réticent à exporter

Trouver la bonne voiture ne garantit pas toujours de pouvoir l’acheter. David va rapidement s’en rendre compte. La Bullitt est proposée par la concession Brighton Ford, dans le Colorado. Tout semble réuni pour conclure la transaction. Pourtant, le 6 octobre, une mauvaise nouvelle tombe : le responsable de la concession refuse finalement d’exporter la voiture.

Cette situation n’est pas exceptionnelle. Certains concessionnaires américains hésitent à vendre leurs véhicules à des acheteurs étrangers. Ils craignent des complications administratives ou des défauts de paiement. D’autres préfèrent simplement réserver leurs modèles au marché américain.

David refuse toutefois d’abandonner. Il voyage régulièrement aux États-Unis pour son travail, notamment dans le Colorado. Cette proximité va jouer en sa faveur.

Deux appels qui changent tout

L’idée est simple. David contacte un collègue installé à une trentaine de minutes de Brighton Ford. Celui-ci appelle la concession depuis une ligne locale afin d’expliquer la situation. Il rassure le vendeur et confirme que David est un acheteur sérieux, prêt à se déplacer si nécessaire.

Ces échanges suffisent à lever les dernières inquiétudes. Après deux appels téléphoniques, le concessionnaire accepte finalement de vendre la Bullitt. Le soir même, à 23 h 40, David reçoit la confirmation qu’il attend depuis plusieurs jours. Le premier virement est effectué dès le lendemain, le 7 octobre. Trois jours plus tard, le 10 octobre, la Mustang Bullitt est officiellement réservée.

Cette fois, David préfère rester prudent. Une première Mustang lui a déjà échappé malgré un acompte. Il attend donc les derniers documents avant de laisser éclater sa joie. Comme il aime le raconter, les journées qui suivent paraissent interminables… et les nuits encore davantage.

Direction la France

Le 20 octobre, Remler confirme que tous les documents nécessaires sont enfin réunis. Le bon de commande arrive par e-mail et le transport peut être organisé. Quelques jours plus tard, la Bullitt quitte le Colorado pour rejoindre son conteneur à destination de la France.

Le voyage se déroule sans incident majeur. Le conteneur arrive en France le 25 décembre, un joli cadeau de Noël pour son futur propriétaire. La voiture est ensuite livrée dans les ateliers de Remler le 30 décembre.

Une inspection révèle cependant quelques défauts. L’aile arrière droite est légèrement enfoncée. La portière conducteur nécessite une intervention et plusieurs rayures sont visibles sur la carrosserie. L’importateur prend en charge l’ensemble des réparations avant de poursuivre les démarches d’homologation. Le 23 janvier, la Bullitt réussit l’épreuve de l’UTAC. Un mois plus tard, le 21 février, elle passe avec succès son inspection auprès de la DREAL. Cette dernière valide définitivement son homologation pour les routes françaises.

Le 23 février, plusieurs mois après le début de ses recherches, David peut enfin prendre le volant de sa Mustang Bullitt 2008.

La Bullitt n°167 : l’une des premières Mustang Bullitt produites

Un exemplaire chargé d’histoire

Une fois la voiture arrivée en France, David prend le temps de retracer son histoire.

Sa Mustang Bullitt est sortie des chaînes d’assemblage de l’usine Ford de Flat Rock le 29 novembre 2007. Elle porte le numéro 167, ce qui en fait l’un des tout premiers exemplaires produits de cette édition limitée. Ce détail renforce encore son intérêt auprès des passionnés de la Mustang Bullitt.

David en devient le troisième propriétaire. Il est aussi le premier à faire rouler cette Bullitt en Europe. Avant lui, ses deux propriétaires vivaient dans le Colorado, l’État où il a découvert la voiture.

« Joséphine » traverse l’Atlantique

L’histoire ne s’arrête pas là. Grâce aux réseaux sociaux, David entre en contact avec le précédent propriétaire de la voiture. Celui-ci lui explique avoir dû se séparer de sa Bullitt pour acheter un véhicule plus adapté à son activité professionnelle. Au fil de leurs échanges, David découvre également que la Mustang portait déjà un prénom : Joséphine.

Ce nom, choisi par son ancien propriétaire américain, traverse lui aussi l’Atlantique. David décide de le conserver, ajoutant un nouveau chapitre à l’histoire de cette Bullitt n°167.

Une Bullitt restée fidèle à l’origine

Comme beaucoup de collectionneurs, David apprécie les voitures qui ont conservé leur configuration d’origine. C’est justement le cas de cette Mustang Bullitt 2008.

Ses précédents propriétaires n’ont apporté aucune modification importante. La voiture est donc restée très proche de son état de sortie d’usine, un point particulièrement recherché par les amateurs de modèles en série limitée.

Un détail attire toutefois son attention. Cette Bullitt aurait dû être équipée du système audio Shaker 1000, proposé en option à l’époque. À son arrivée en France, elle dispose pourtant d’un Shaker 500, le système installé de série sur les Bullitt 2008. Plus gênant encore, le chargeur CD présente un dysfonctionnement.

Ce sera finalement l’un des rares éléments que David choisira de remplacer au fil des années.

Les modifications apportées à la Bullitt de David

Moderniser sans dénaturer

Lorsque David achète sa Bullitt, il tient avant tout à préserver son authenticité. Son objectif n’est pas de transformer cette édition limitée, mais de la rendre plus agréable à utiliser au quotidien.

Par respect pour son caractère d’origine, il conserve soigneusement toutes les pièces déposées. Il pourra ainsi remettre la voiture dans sa configuration d’usine s’il le souhaite un jour.

Les modifications concernent essentiellement l’esthétique, le confort d’utilisation et quelques détails destinés à améliorer la fiabilité.

Des évolutions discrètes à l’extérieur

Les premières interventions portent sur l’apparence de la voiture.

David remplace les custodes d’origine par des modèles Silver Horse Racing (SHR). Leur dessin rappelle davantage la Mustang fastback de 1968 et renforce le lien avec le film Bullitt (1968).

À l’avant, les clignotants orange cèdent leur place à des modèles transparents, plus discrets et plus en accord avec la teinte Dark Highland Green.

Plusieurs petits détails viennent ensuite personnaliser la voiture sans en modifier l’esprit. Des centres de roues spécifiques « Bullitt » remplacent ceux d’origine. Un autocollant est posé sur le troisième feu stop. Des vérins facilitent désormais l’ouverture du capot, tandis qu’une grille protège le radiateur des projections.

Aucune de ces modifications n’altère l’identité de cette Bullitt. Elles rendent simplement son utilisation plus agréable au quotidien.

Un habitacle plus pratique

L’intérieur évolue lui aussi avec retenue.

Le système audio Shaker 500, défectueux, laisse sa place à un autoradio moderne intégrant un GPS, le Bluetooth et une prise USB. Cette évolution améliore nettement le confort lors des longs trajets.

David ajoute également un repose-pied à côté de la pédale d’embrayage. Enfin, des tapis WeatherTech protègent efficacement la moquette d’origine, sans modification irréversible.

Une amélioration pour la fiabilité

La dernière évolution est moins visible, mais elle répond à une logique d’entretien.

Sous le capot, David remplace progressivement la visserie en aluminium par des éléments en acier inoxydable. Cette modification limite les risques de corrosion entre les différentes pièces métalliques et facilite l’entretien à long terme.

Comme toutes les autres interventions réalisées sur cette Bullitt, ce choix privilégie la durabilité sans remettre en cause l’authenticité de cette édition limitée.

Une Mustang Bullitt faite pour rouler

Des sorties entre passionnés

Depuis son arrivée en France, la Bullitt n°167 ne passe pas beaucoup de temps au garage.

David participe régulièrement aux sorties organisées par la délégation Rhône-Alpes du Forum Mustang, l’une des plus actives de France. Ces rassemblements lui permettent de partager sa passion avec d’autres propriétaires, mais aussi de faire découvrir cette édition limitée à sa famille, qui l’accompagne volontiers lors de nombreuses balades.

Au fil des kilomètres, la Bullitt devient bien plus qu’une voiture de collection. Elle est un formidable prétexte pour rencontrer d’autres passionnés et vivre de nouvelles expériences.

Une voiture pensée pour voyager

David n’a jamais envisagé sa Bullitt comme un simple objet d’exposition. Dès son acquisition, il prévoit de partir avec sa famille sur les routes du Sud-Ouest. Un autre projet lui tient également à cœur : rejoindre la Pologne afin de présenter sa Mustang à sa belle-famille.

Ces voyages illustrent parfaitement l’esprit de cette Bullitt. Bien qu’il s’agisse d’une édition limitée, elle continue à remplir la mission pour laquelle elle a été conçue : prendre la route.

Apprendre à mieux maîtriser le V8

David souhaite aussi perfectionner sa conduite. Parmi ses projets figure une journée sur circuit consacrée à la maîtrise du véhicule sur sol mouillé. L’objectif est simple : mieux comprendre les réactions de sa propulsion dans des conditions d’adhérence dégradées.

Cette envie trouve son origine dans une expérience bien réelle. En effet, le jour où il récupère sa Bullitt à Rouen, la météo est particulièrement difficile. De fortes rafales de vent accompagnent une pluie battante. Contrairement à une précédente expérience sur le circuit du Laquais, où un instructeur l’accompagnait au volant d’une Mustang GT 2015, David est cette fois seul, au volant d’une voiture qu’il découvre et sur des routes ouvertes à la circulation. Heureusement, les conditions s’améliorent progressivement en quittant la région parisienne. Le trajet jusqu’en Bresse, où il réside, se déroule finalement sans encombre.

Une rencontre qui résume l’esprit Bullitt

L’histoire de David rappelle que les plus belles Mustang ne sont pas toujours celles que l’on cherche au départ.

En voulant simplement acheter une Mustang GT, il découvre une Bullitt 2008 qui réunit tout ce qu’il attend d’une sportive américaine : un V8 atmosphérique, une présentation sobre, une série limitée et un lien fort avec le film Bullitt de 1968.

Si cette édition limitée vous passionne, je vous invite à découvrir également mon guide consacré à la Bullitt à travers les âges, qui retrace l’histoire complète des Mustang Bullitt, du film de 1968 aux modèles modernes inspirés de la légendaire voiture de Steve McQueen.