Avez-vous déjà eu des rêves que vous remettez systématiquement au lendemain ? Vous ont-ils déjà rattrapé ? Quelles sensations avez-vous alors ressenties ? Damien peut vous en parler. En octobre 2017, il est devenu l’heureux gagnant d’une Mustang cabriolet 1965 lors d’un jeu-concours organisé dans l’émission Auto Moto sur TF1.
Un vieux rêve ressurgit…
Depuis toujours, Damien rêve de posséder une auto ancienne et américaine. Et pourquoi pas une Ford Mustang ? L’idée lui traverse l’esprit mais il la rejette systématiquement. Il n’est pas mécano, l’entretien risque de lui prendre du temps et puis cela reste un investissement…
Notre ami a déjà possédé une 2CV et une Golf IV cabriolet. Éventuellement, un jour, Damien se trouvera une décapotable quatre places sans travaux à prévoir. Il aime cette sensation de liberté, se sentir en communion avec la nature et rouler les cheveux au vent.
Il ne se doute pas encore que son rêve prendra bientôt la forme d’une Mustang cabriolet 1965.
Une Mustang à gagner dans Auto Moto
Nous sommes un certain dimanche 22 octobre 2017. La journée commence plutôt bien : Damien fait la grasse matinée, profite d’un petit-déjeuner au lit puis passe un peu de temps devant son poste de télévision.
Il est 10h10 et l’une de ses émissions préférées, Auto Moto, commence. Cette semaine est consacrée à l’événement Automédon, qui vient de se tenir au Parc des Expositions du Bourget. D’ailleurs, sa chanson préférée du moment est diffusée durant l’émission : « Feel It Still », du groupe Portugal. The Man.
Finalement, l’animateur Jean-Pierre Gagick annonce aux téléspectateurs qu’ils ont la possibilité de gagner une Ford Mustang ! Pour cela, il suffit de répondre par SMS à la question suivante : « En quelle année fut construite la première Mustang ? »

Ne jouant jamais, Damien décide pourtant ce jour-là de faire exception à la règle et de tenter sa chance.
« Pfff, ça ne sert à rien ! », lui lance alors sa femme.
Et voilà, deux fois 0,75 euro sont débités de son forfait téléphonique. L’émission se termine. Peu après, le téléphone sonne :
« Allô, c’est Jean-Pierre Gagick à l’appareil… »
Une Mustang cabriolet 1965 à gagner
Damien a besoin de quelques secondes pour réaliser ce qu’il se passe. Lorsqu’il comprend enfin qu’il est l’heureux gagnant de la Ford Mustang, il explose de joie. Cette auto est pour lui !
Dans la foulée, l’huissier le rappelle pour lui confirmer sa victoire, ainsi que le directeur des jeux de TF1.
La Mustang présentée à l’émission est déjà vendue, mais une autre voiture est envisagée pour le jeu. Du coup, cela risque de prendre un peu de temps : elle se trouve encore aux États-Unis, en Alabama.
Il s’agit d’une Mustang cabriolet 1965 de couleur bleu ciel, équipée d’une boîte mécanique à quatre rapports. Et surtout… c’est un convertible ! Souvenez-vous : rouler les cheveux au vent n’était-il pas précisément le rêve de Damien ?
Il s’agit d’un clone GT avec une calandre équipée d’antibrouillards et un double échappement à l’arrière. Le carburateur est un quatre corps.
Idéalement, Damien la recevra pour son anniversaire, le 10 décembre… ou peut-être pour Noël ?

De l’attente à son arrivée en Europe
Finalement, la Mustang ne quitte le port de New York que mi-décembre. Elle arrive au Havre le 13 janvier 2018.
Le 22 janvier, elle rejoint le garage choisi par TF1, Classic Affairs, à Arbonne-la-Forêt, près de Fontainebleau. Une révision complète est alors effectuée avec, notamment :
- le remplacement des cylindres de roues arrière et des flexibles ;
- le remplacement d’une rotule supérieure et des roulements de roues avant ;
- le remplacement du renvoi de tringlerie de direction ;
- la vidange de tous les fluides et le changement des bougies.
Pendant ce temps, Damien décide de faire une surprise à ses deux garçons de 13 et 15 ans en leur cachant sa victoire au jeu de TF1.
Il est extrêmement difficile de garder un tel secret. Seuls ses amis proches et sa famille sont mis au courant, en dehors de ses fils. Damien passe donc trois mois et demi à penser à sa Mustang et à s’imaginer déjà au volant de celle qui prend son temps pour le rejoindre.
La découverte de la Mustang
C’est durant les vacances de février, le 12 plus précisément, que Damien demande à ses enfants de l’accompagner en train à Fontainebleau.
Le plus jeune de ses deux garçons a malheureusement un empêchement. Damien ayant déjà réservé les billets de train et l’hôtel, il part donc avec son fils aîné.
À leur arrivée, le propriétaire du garage, Eric Fournier, bien connu dans le monde de la Mustang, les accueille. Il peut facilement constater l’impatience grandissante de l’heureux gagnant.
Dans le garage, le fils de Damien se demande toujours ce qu’il fait ici. La belle est encore gardée sous une bâche…
Eric la découvre enfin et le rêve prend forme pour Damien.
Il embrasse le capot.
Son fils, étonné, commence à comprendre qu’ils vont probablement faire un tour de Mustang. Il ne réalise pas encore que cette voiture est désormais celle de son père !
Quelle est l’histoire de cette Mustang cabriolet 1965 ?
Damien ne possède malheureusement pas de véritable historique concernant la voiture.
Dans le cendrier, il trouve néanmoins un badge du Mustang Club of America portant le nom de l’ancien propriétaire, un certain Mark Gammell.
Le VIN et la data plate confirment qu’il s’agit bien d’une Mustang cabriolet 1965, dans sa teinte Silver Blue avec un Pony Interior. Elle est sortie de l’usine de Dearborn, dans le Michigan, le 2 juillet 1965 et était destinée à une concession de Charlotte, en Caroline du Nord.
Le code C indique que le moteur était initialement équipé d’un carburateur deux corps, remplacé par la suite par un quatre corps. Sa boîte manuelle à quatre vitesses est accompagnée d’un pont standard avec un rapport de 2,80.

Premières impressions… et premiers réglages
Tandis que Damien fait le tour de la voiture en caressant ses courbes, Eric lui lance :
« Pas mal pour 1,5 euro ! »
Le fils de notre ami comprend alors que son père est l’heureux gagnant d’un jeu. L’émotion est à son comble !
Malheureusement, la voiture ne peut pas repartir le lendemain comme prévu. Il reste encore un flexible à changer, mais celui-ci se trouve dans un colis bloqué quelque part à cause d’importantes tempêtes de neige.
Damien est décidé : il attendra deux ou trois jours si nécessaire, mais il repartira avec sa Mustang pour les 600 kilomètres qui le séparent de son domicile !
Hélas, le lendemain, toujours rien.
Damien a pourtant pris soin de trouver une assurance lui permettant de rouler avec l’auto encore équipée de ses plaques américaines. Son contrat prévoit même une assistance sans limitation de kilomètres en cas de panne.
Il est également entré en contact avec un garage spécialisé dans les anciennes proche de chez lui, où la Mustang pourrait être rapatriée en cas de problème.
600 kilomètres pour ramener sa Mustang
C’est finalement le surlendemain, jour de la Saint-Valentin — hasard ? — que la pièce tant attendue arrive à destination.
La voiture est prête à midi et nos amis prennent enfin la route.

Au premier plein, le compteur affiche 13 694 miles, soit environ 22 000 kilomètres. Impossible toutefois d’être certain du kilométrage réel : le compteur a peut-être déjà fait un ou plusieurs tours. Le moteur semble néanmoins très bien entretenu.
Seulement voilà : lorsque Damien effectue son premier freinage à l’approche d’un passage pour piétons, il prend peur !
Les roues se bloquent et les pneus crissent.
Il prend contact avec le garage en expliquant que le comportement lui paraît dangereux. On lui répond qu’il faut rouler afin de fiabiliser la voiture.
Damien espère surtout ne pas avoir à effectuer de freinage d’urgence. Les quatre freins à tambour ne lui inspirent pas encore une confiance absolue.
Une jauge d’essence capricieuse
Après 200 kilomètres, deuxième frayeur : la jauge d’essence se met brusquement à descendre.
La consommation paraît énorme à Damien. Il s’arrête donc à la première station-service et fait le plein… avec seulement 30 litres !
La jauge n’est donc pas fiable.
Durant le reste du trajet, Damien décide de faire le plein tous les 150 à 200 kilomètres pour éviter toute mauvaise surprise.
Il comprend par la suite que la jauge s’était simplement déconnectée du réservoir à cause des vibrations de la voiture. Il suffit de la rebrancher et, dès le lendemain, elle fonctionne de nouveau correctement.
C’est finalement vers 23 heures que Damien rentre chez lui. Il est un peu éreinté, mais particulièrement heureux de ce voyage et de ses premières sensations au volant de sa Mustang cabriolet 1965.

Une passion est née
En seulement six mois, Damien parcourt près de 6 000 kilomètres, ce qui n’est pas rien avec une auto plaisir.
Il part en vacances en famille dans le Pays basque et longe la côte Atlantique jusqu’à Noirmoutier, en Vendée. C’est toujours un grand plaisir de sortir celle qu’il a baptisée Stewball, en référence à la chanson de Hugues Aufray racontant l’histoire du petit cheval blanc.
Le choix de ce nom donnera même lieu à une jolie rencontre quelques années plus tard : Damien aura l’occasion de présenter Stewball à Hugues Aufray, qui apposera sa signature sur la Mustang.

Comme s’il n’avait pas déjà suffisamment d’excuses pour prendre le volant, Damien adhère également à un club de voitures anciennes près de chez lui.
Cela lui permet de participer à des sorties en groupe, de visiter notamment des châteaux et d’autres lieux sympathiques, tout en partageant cette nouvelle passion.
Ce qui n’était auparavant qu’un rêve souvent repoussé est désormais devenu une véritable passion pour la Mustang.

Quels prochains travaux pour la Mustang ?
Depuis qu’il possède son auto, Damien a déjà fait refaire le radiateur, ou plus précisément ses faisceaux.
Lors d’un freinage un peu brusque, les roues se sont bloquées et l’hélice du ventilateur est venue s’encastrer dans le radiateur. Aujourd’hui néanmoins, le blocage des roues appartient au passé. Damien continue néanmoins à réfléchir à une amélioration du freinage de sa Mustang. Des freins à disques à l’avant pourraient-ils constituer la prochaine évolution ?
Une chose est certaine : pour une Mustang cabriolet 1965 gagnée avec deux SMS à 0,75 euro, l’aventure ne fait que commencer.
