Skip to content
  • Focus

Clinton et sa passion pour la Mustang

Saviez-vous que le quarante-deuxième président des États-Unis d’Amérique avait possédé une Ford Mustang ? Effectivement, William Jefferson « Bill » Clinton roulait en cabriolet ‘67 dans les années ’80 et jusqu’à son inauguration à la Maison-Blanche en janvier 1993.

Nous sommes en 1972. Le pays est dirigé par Richard Nixon et Bill est encore un jeune homme étudiant en faculté de droit à Yale, tout juste revenu de deux années passées outre-Atlantique à l’Université d’Oxford au Royaume-Uni. Sa famille vit à Hot Springs, en Arkansas et sa mère, Virginia Clinton Kelley, a épousé Jeff Dwire en troisièmes noces trois ans plus tôt. À l’occasion du seizième anniversaire de Roger, le frère cadet de Bill, son beau-père lui offre une Ford Mustang décapotable de 1967, achetée d’occasion.

Celle-ci est motorisée par un six cylindres 200ci (T) développant 120 chevaux, une boîte de vitesses automatique. Le cabriolet est recouvert d’une peinture Clearwater Acqua (W) tandis que l’intérieur aborde des sièges de couleur blanche.

Une Mustang en cadeau

En janvier 1977, Clinton obtient le poste de procureur général de l’Arkansas puis celui de gouverneur du même État en 1979. Pendant son premier mandat —­ il en fera cinq — en tant que gouverneur, il rachète à son frère la Mustang que leur beau-père lui avait offerte. C’est alors le début des années 80 et William Jefferson Clinton décide de faire restaurer la voiture. L’intérieur et l’extérieur sont entièrement revus. 

Clinton réside au manoir du gouverneur de l’Arkansas, au 1800 Center Street à Little Rock. Il l’utilise fréquemment, en particulier pour ses trajets domicile-travail, mais surtout avec sa famille, pour les sorties dominicales. Il est souvent aperçu sur la route 70, les cheveux au vent, entre Little Rock et Hot Springs.

En 1992, l’homme politique brigue la fonction suprême. Durant toute la campagne, il est vu très régulièrement au volant de sa Ford Mustang. Pour l’anecdote, le 19 août 1992, des amis à lui organisent une fête d’anniversaire sur le thème des années 50 et 60 en son honneur. Hillary, sa femme, et Chelsea, sa fille alors âgée de douze ans, arrivent avec le candidat dans la Mustang.

Bill Clinton devient Président des États-Unis d’Amérique

Le 3 novembre 1992, l’homme de quarante-six ans l’emporte sur George H. W. Bush (370 voix des grands électeurs contre 168) à l’élection présidentielle. Il devient ainsi le quarante-deuxième président des États-Unis d’Amérique. 

Dès qu’il entre en fonction à la Maison-Blanche, pour des raisons de sécurité, Clinton n’est plus habilitée à conduire. Au lieu de cela, il doit se contenter de s’assoir à l’arrière d’une limousine blindée. Le cabriolet est resté majoritairement d’origine, en dehors d’un nouveau système stéréo Clarion et d’un haut-parleur JVC. Clinton décide alors de confier sa Ford au Musée Automobiles de Morrilton en Arkansas. Celle-ci sera exposée de longues années, jusqu’en juillet 2010. L’auto arbore une plaque noire « antique car » de l’Arkansas immatriculée 14802.

En 1993, le président déclare (avec humour) à propos de sa Mustang 

« C’est la chose que j’ai le plus regretté de laisser derrière moi. Les autres personnes qui roulaient sur les routes de mon État natal, en revanche, étaient immensément soulagées. »

Bill Clinton (1993)

Quelques réparations pour le trentième anniversaire de la Mustang

Le 17 octobre 1994, à l’occasion du trentième anniversaire de la Mustang, Bill Clinton est invité au Charlotte Motor Speedway par le Mustang Club of America (MCA) et Ford. Ce sont des centaines de passionnés ayant parcouru des milliers de miles à bord de leur poney sauvage qui ont convergé en Caroline du Nord.

Équipé d’un coupe-vent arborant le logo du MCA, le président des États-Unis quitte la limousine pour retrouver sa propre Mustang. Il ne l’avait plus utilisé depuis deux ans. Ramenée depuis l’Arkansas par camion, la voiture a subi une réparation de la part des mécaniciens de chez Ford. Ainsi le président, exceptionnellement autorisé à conduire à cette occasion, peut effectuer quelques tours de roue avec sa Ford.

La poignée extérieure permettant d’ouvrir la portière côté conducteur étant toutefois cassée, Clinton enjambe le cabriolet pour s’assoir derrière le volant. Il conduit alors sur les 230 mètres qui le séparent de la grande tribune. Il avoue avoir éprouvé un réel plaisir à parader dans celle qui l’emmenait partout jadis. Sur la plate-forme, il est présenté comme un « Mustangueur enragé comme le reste d’entre nous » par Bill Dillard, le président du MCA. Clinton prend ensuite la parole.

Ici, l’accueil est plus chaleureux qu’à Darlington en Caroline du Sud, la dernière fois que Clinton a conduit sur un circuit. C’était le 6 septembre 1992, alors que la campagne présidentielle était à son apogée. Clinton avait cherché à utiliser le « Southern 500 » qui s’y tenait comme support médiatique. Hélas, la voix de quelques milliers de participants s’est élevée pour clamer « George Bush ! George Bush ! ».

L’allocution de Bill Clinton

Après son allocution, Bill Clinton prend le temps de signer l’aile d’une Mustang. Il s’assoit sur le siège conducteur d’un cabriolet de la même année que le sien de couleur « Playboy Pink ». Ce dernier appartenant à Rochelle McNeal, un Mustanger venu de Pensacola, en Floride.

Plus tard, Cinton écrira une lettre adressée aux propriétaires de Mustang. On peut y lire :

« En tant que fier propriétaire d’une Mustang, je sais à quel point cette étape est importante. Pour de nombreux Américains, la Mustang reste un symbole vibrant de l’excitation et de l’optimisme des années 1960».

En juillet 2010, la Ford Mustang de Bill Clinton est récupérée au Musée Automobiles pour rejoindre un atelier où elle subit une nouvelle restauration. Elle est ensuite expédiée en Californie où elle est offerte à Tyler Clinton, le neveu de l’ancien président qui fête justement ses… seize ans !