Voyager à New York en famille, c’est accepter de ne jamais vraiment pouvoir tout voir. Pendant une semaine, du 26 octobre au 2 novembre 2025, nous avons marché dans Manhattan, traversé Brooklyn, rejoint Staten Island et Coney Island, pris de la hauteur sur les gratte-ciel et découvert certains des lieux les plus emblématiques de la ville.
Mais avec le recul, ce voyage reste surtout associé à une période très particulière de l’année.
Nous sommes arrivés à New York en plein automne, alors que les arbres commençaient à prendre leurs couleurs, que citrouilles, fantômes et squelettes envahissaient les maisons à l’approche d’Halloween et que la ville se préparait déjà pour le marathon de New York. En l’espace de quelques jours, nous avons même vu apparaître les premiers signes de Noël.
C’est probablement ce mélange qui a rendu cette semaine si particulière : New York, mais aussi l’Amérique telle que j’espérais la retrouver à cette période de l’année.
Cet article revient sur l’ensemble de notre voyage. Elle n’a pas vocation à remplacer les carnets publiés jour après jour, dans lesquels je raconte beaucoup plus précisément nos visites, nos découvertes et nos petites mésaventures. Elle permet plutôt de prendre un peu de recul sur cette semaine new-yorkaise et sur ce qu’il m’en reste aujourd’hui.
De la Californie à New York, changer complètement d’Amérique
En 2024, nous avions découvert la Californie en famille. Plus de 3 400 kilomètres de route, les paysages de l’Ouest, l’océan Pacifique et cette sensation d’espace qui accompagne presque naturellement un road trip.
New York promettait exactement l’inverse. Pas de voiture. Peu d’horizon. Des immeubles, du métro et surtout énormément de marche. Après avoir traversé les grands espaces américains, nous allions découvrir une ville où quelques centaines de mètres peuvent suffire pour changer complètement d’ambiance.
J’avais aussi énormément imaginé New York avant d’y mettre les pieds. Les gratte-ciel, Central Park, Ellis Island, les taxis jaunes, le World Trade Center, les séries télévisées, les films de Noël ou encore les coureurs matinaux formaient déjà un immense décor dans ma tête.
Quelques semaines avant le départ, j’avais justement essayé de mettre des mots sur mes attentes avant ce premier voyage à New York.
Il restait maintenant à découvrir ce que la réalité allait conserver de cet imaginaire.








New York se découvre d’abord à hauteur de trottoir
La première rencontre avec New York se fait pourtant… dans le noir.
Après Lyon, une escale à Montréal et quelques petites frayeurs de voyage, notre avion approche de JFK. Sous l’aile apparaissent des milliers de lumières. Puis viennent l’AirTrain, un SUV démesuré, Queens, Brooklyn et finalement la skyline qui se dessine au loin. Depuis la voiture, nous apercevons même un fantôme installé sur les escaliers d’un immeuble. Halloween nous souhaite presque la bienvenue avant New York elle-même.
Je raconte plus précisément cette première journée entre Lyon et JFK, mais notre véritable découverte de la ville ne commence que le lendemain matin.
Et très vite, une évidence s’impose : New York se découvre à pied.
Marcher permet évidemment de rejoindre les lieux que nous avions prévu de voir. La New York Public Library, Grand Central Terminal, l’Empire State Building, Central Park ou Times Square composent ainsi notre première véritable journée à New York.
Mais les kilomètres parcourus entre ces lieux comptent presque autant. Ce sont eux qui permettent de découvrir les petits commerces, les escaliers de secours, les immeubles en briques coincés au pied des tours, les innombrables food trucks, les odeurs qui changent d’un trottoir à l’autre ou cette vapeur qui s’échappe parfois de la chaussée et donne soudain l’impression d’être entré dans un film.
Marcher pour voir la ville autrement
Le lendemain, la High Line nous offre encore une autre manière de parcourir Manhattan.
Cette ancienne voie ferrée reconvertie en promenade permet de regarder New York légèrement au-dessus du niveau de la rue. Les immeubles modernes côtoient les façades plus anciennes, la végétation se glisse entre les constructions et Little Island apparaît bientôt au bord de l’Hudson.
Puis nous retrouvons le trottoir et continuons vers Chelsea, le Flatiron Building, Washington Square Park, NOHO, SOHO, Little Italy et Chinatown.
Cette longue journée entre la High Line et les quartiers du sud de Manhattan résume assez bien notre façon de découvrir la ville : choisir quelques points de passage, puis marcher entre eux et accepter ce qui apparaît en chemin.
À la fin du séjour, nous aurons parcouru un nombre assez impressionnant de kilomètres. Nos jambes s’en souviennent encore !

Manhattan n’est qu’un visage de New York
Lors d’un premier voyage, Manhattan exerce forcément une attraction presque irrésistible. Beaucoup des images associées à New York s’y trouvent concentrées. Pourtant, l’un des moments où j’ai réellement pris conscience de la ville est celui où nous avons commencé à nous en éloigner.
Traverser Brooklyn Bridge à pied produit un drôle d’effet. Manhattan s’éloigne progressivement derrière nous alors que Brooklyn se rapproche. On ne quitte évidemment pas New York, mais on a presque l’impression d’entrer dans une autre ville.
DUMBO conserve quelque chose de très urbain et touristique avec ses rues pavées, ses façades en briques et la célèbre perspective sur Manhattan Bridge. Quelques rues plus loin, Brooklyn Heights change complètement l’ambiance. Les brownstones remplacent les gratte-ciel. Des escaliers mènent aux portes des maisons. Les rues deviennent plus calmes.
Et à quelques jours d’Halloween, les façades commencent sérieusement à se peupler de citrouilles, de squelettes et de créatures plus ou moins accueillantes.
Notre longue traversée de Brooklyn à pied nous conduit ensuite jusqu’à Williamsburg, avant un nouveau changement de décor au Barclays Center pour assister à un match de NBA. En une seule journée, nous étions passés d’un pont du XIXe siècle aux brownstones, d’une communauté hassidique à un diner digne d’une série américaine, puis à l’immense spectacle d’un match de basket.
Difficile de mieux résumer les contrastes de New York.
Même la pluie raconte quelque chose de la ville
Certes, nous avons eu de la chance pour ce qui est de la météo. Mais toutes les journées n’ont évidemment pas ressemblé aux cartes postales que nous avions imaginées.
Le 30 octobre, la pluie s’invite franchement.
Nous rejoignons malgré tout Staten Island par le ferry, faisons quelques achats avant de revenir à Manhattan puis découvrons Summit One Vanderbilt. Avec le recul, je garde pourtant autant en mémoire les rues détrempées et la vapeur qui s’échappe des bouches d’égout que certains panoramas parfaitement dégagés.
C’est aussi cela que je raconte dans notre journée pluvieuse entre Staten Island et Summit One Vanderbilt : New York continue de fonctionner sous la pluie, et nous avec.
New York en automne : les couleurs de l’été indien
Nous avions évidemment choisi nos dates en fonction des vacances scolaires. Mais venir à New York à la fin du mois d’octobre s’est révélé être une excellente façon de découvrir la ville.
L’automne n’est jamais très loin. Il apparaît dans les arbres de Central Park, dans la végétation de la High Line ou dans les feuilles qui recouvrent certaines rues de Brooklyn. Les teintes vertes commencent à laisser la place au jaune, à l’orange et au rouge.
C’est cette Amérique de l’été indien que j’avais envie de voir : non pas nécessairement une météo estivale (nous avons suffisamment eu froid) mais cette palette de couleurs que j’associe depuis longtemps à l’automne américain. Le contraste est particulièrement spectaculaire depuis les hauteurs de Manhattan. Les immeubles semblent encercler l’immense masse végétale de Central Park, elle-même en pleine transformation.
Mais c’est probablement en nous éloignant de Manhattan que les couleurs deviennent les plus belles. Le dernier matin, depuis Liberty State Park, la skyline se dessine derrière des arbres aux tons automnaux. Après une semaine passée au pied des gratte-ciel, New York apparaît enfin à distance, presque paisible.
Entre les deux, un autre événement aura complètement accompagné notre séjour : Halloween.

Quand Halloween s’installe progressivement dans le voyage
Avant ce voyage, j’associais énormément Halloween aux États-Unis.
Pas simplement aux films d’horreur ou aux immenses décorations que l’on peut voir sur Internet, mais à quelque chose de beaucoup plus commun : les citrouilles devant les maisons, les enfants déguisés, les commerces qui jouent le jeu et cette capacité américaine à transformer une fête en véritable décor collectif. J’espérais donc forcément en apercevoir quelques traces.
Je n’imaginais pas qu’Halloween accompagnerait presque toute notre semaine.
Le premier fantôme apparaît dès notre arrivée, aperçu depuis la voiture sur les marches d’un immeuble. Deux jours plus tard, nous entrons dans un Chelsea Market tellement décoré que Zoé finit par lâcher :
« Ils ont quand même un peu abusé sur les décos d’Halloween ! »
Elle n’avait pas complètement tort.
À Brooklyn, l’ambiance devient encore plus intéressante. Dans DUMBO puis surtout Brooklyn Heights, les décorations ne sont plus seulement celles de commerces ou de lieux touristiques. Elles apparaissent devant les maisons, au milieu des brownstones et des feuilles mortes. C’est probablement ici que j’ai retrouvé l’image que je me faisais d’Halloween passé aux États-Unis avant le départ.
Vivre enfin Halloween aux États-Unis
Puis arrive le 31 octobre. La journée commence pourtant très loin de cette légèreté puisque nous visitons le mémorial et le musée du 11 septembre. Une visite particulièrement importante pour moi et forcément chargée en émotions.
Quelques heures plus tard, nous prenons la direction de Coney Island. Le contraste pourrait difficilement être plus grand.
Lorsque nous arrivons, le célèbre parc au bord de l’océan semble presque vide. Puis les visiteurs deviennent plus nombreux, les attractions fonctionnent et la soirée s’installe progressivement.
Nous sortons enfin les déguisements. Les filles récupèrent des bonbons dans quelques boutiques, croisent d’autres enfants costumés et profitent des attractions. Sur le chemin du retour, Halloween continue dans le métro puis jusque dans l’Oculus du World Trade Center, où les costumes deviennent de plus en plus nombreux.
xJe raconte cette journée beaucoup plus précisément dans mon carnet consacré au musée du 11 septembre et à Halloween à Coney Island.
J’avais vu Halloween aux États-Unis dans des dizaines de films et séries. Le vivre réellement avec Sarah et les filles est forcément différent, et particulièrement mémorable.
Et ce n’est finalement pas l’abondance des décorations ou le nombre de bonbons distribués qui m’a le plus marqué. C’est plutôt cette sensation de participer, pendant quelques heures, à une tradition américaine que nous avions toujours observée de loin.
Prendre de la hauteur pour comprendre New York
Marcher dans New York permet d’en ressentir l’énergie. Prendre de la hauteur aide plutôt à comprendre sa démesure.
Pendant notre séjour, nous avons découvert la ville depuis plusieurs observatoires très différents.
L’Empire State Building possède évidemment le poids de l’histoire et du symbole. Summit One Vanderbilt transforme davantage la skyline en expérience visuelle, avec ses immenses surfaces vitrées et ses reflets. Top of the Rock offre quant à lui quelque chose que l’Empire State Building ne pourra jamais proposer : une vue sur l’Empire State Building lui-même. Aucun ne donne exactement la même impression.
Mais monter au sommet des gratte-ciel permet surtout de remettre en perspective tous ces kilomètres parcourus au niveau du sol. Des quartiers qui semblaient immenses quelques heures plus tôt deviennent soudain minuscules.
C’est particulièrement vrai lorsque nous rejoignons le Top of the Rock pour notre dernière grande journée à Manhattan. Devant nous, Central Park dessine un immense rectangle au milieu des constructions. Et New York est déjà en train de changer d’ambiance.

En vingt-quatre heures, Halloween laisse place au marathon
C’est peut-être l’une des choses qui m’a le plus amusé pendant ce voyage.
Le 31 octobre, les costumes envahissent progressivement la ville. Le 1er novembre, Halloween semble déjà presque appartenir au passé.
Au sommet du Rockefeller Center, un autocollant destiné aux participants du marathon est en cours d’installation. Une femme, à côté de moi, m’explique qu’elle courra le lendemain. Plus tard, en longeant Central Park, nous passons près de la future ligne d’arrivée et croisons de nombreux coureurs. Les préparatifs sont partout.
Quelques jours auparavant, quelqu’un m’avait même demandé si j’étais venu à New York pour participer au marathon. Malheureusement non. Peut-être un jour.
Le plus étonnant reste cette capacité de New York à passer presque instantanément à autre chose. Devant le Rockefeller Center, alors qu’Halloween vient à peine de se terminer, des sapins commencent déjà à apparaître. Pendant quelques jours, nous assistons donc à un étrange passage de relais : Halloween, le marathon de New York, puis les premiers signes de Noël. Trois images très américaines concentrées dans une seule semaine.
Terminer par la Statue de la Liberté et Ellis Island
Notre dernière journée pouvait difficilement se dérouler ailleurs.
Le matin du 2 novembre, nous rejoignons Liberty State Park. Pour la première fois depuis notre arrivée, nous regardons véritablement Manhattan de loin. La météo est belle. Les arbres arborent leurs couleurs d’automne et les gratte-ciel se détachent derrière eux. C’est probablement l’une des plus belles images du séjour.
Nous embarquons ensuite vers la Statue de la Liberté puis Ellis Island. Des lieux évidemment touristiques, mais qui racontent aussi quelque chose de beaucoup plus profond sur New York et sur l’histoire américaine.
Quelques jours avant le voyage, j’écrivais justement que l’immigration faisait partie de cet imaginaire new-yorkais que j’avais construit au fil des années. Terminer ici referme donc joliment la boucle.
Pendant que nous visitons les deux îles, le marathon traverse New York. Puis vient le moment de reprendre les valises et de quitter la ville.
J’ai raconté cette dernière journée entre Liberty State Park, la Statue de la Liberté et Ellis Island avec cette sensation étrange que connaissent probablement tous ceux qui terminent un voyage : nous étions fatigués, nous avions vu beaucoup de choses… et pourtant nous avions l’impression de n’avoir fait qu’effleurer la ville.
Le New York que nous étions venus voir… et celui que nous avons découvert
Avant de partir, j’avais une liste assez précise d’images associées à New York.
Je voulais voir les gratte-ciel, marcher dans Central Park, traverser Brooklyn Bridge, découvrir le World Trade Center, apercevoir la Statue de la Liberté et comprendre un peu mieux cette ville qui m’était devenue familière avant même que je la connaisse, grâce au cinéma et à la télévision.
Tout cela était bien là.
Pourtant, lorsque je repense aujourd’hui à cette semaine, les souvenirs qui reviennent ne sont pas toujours les plus évidents.
Je pense aux couleurs des arbres. Aux brownstones décorés pour Halloween. À la remarque de Zoé devant les décorations du Chelsea Market. À la skyline découverte de nuit depuis notre voiture. Aux kilomètres parcourus à pied. À la vapeur qui s’échappe des rues sous la pluie. À un match de NBA. Aux filles déguisées à Coney Island. Aux coureurs croisés dans Central Park. Aux premiers sapins qui apparaissent alors qu’Halloween vient à peine de se terminer.
Je pense aussi à cette dernière vue depuis Liberty State Park, Manhattan au loin derrière les arbres d’automne.
C’est probablement ce que ce voyage à New York en famille m’a appris. Les monuments donnent envie de venir. Ces petites scènes donnent envie de revenir.
Et après une semaine passée à Manhattan, Brooklyn, Staten Island et Coney Island, une seule certitude demeure : nous avons vu énormément de choses. Mais New York, elle, est encore très loin de nous avoir tout montré.

FAQ – Voyager à New York en famille en automne
Notre expérience a été très positive. La fin octobre permet de profiter des couleurs d’automne, de l’ambiance d’Halloween et d’une ville qui commence progressivement à se préparer pour les événements de novembre et les fêtes de fin d’année. La météo peut cependant être très variable : nous avons eu du soleil presque quotidiennement mais il faisait froid. Cette même semaine, nous avons également eu une journée de pluie particulièrement intense.
Oui. Nous avons découvert des décorations plusieurs jours avant le 31 octobre, notamment au Chelsea Market, à DUMBO et à Brooklyn Heights. Le soir d’Halloween, nous avons choisi Coney Island, où les filles ont pu se déguiser, profiter des attractions et récupérer quelques bonbons. De nombreux New-Yorkais étaient également costumés dans les transports.
Nous sommes restés une semaine complète et avons pourtant eu l’impression de n’en voir qu’une partie. Sept jours permettent déjà d’alterner les grands incontournables, plusieurs quartiers de Manhattan, Brooklyn et quelques excursions plus éloignées sans transformer complètement le séjour en course contre la montre. Avec des enfants, garder quelques moments plus calmes reste aussi important.
Dans notre cas, oui ! Nous avons choisi de réaliser une grande partie du voyage à pied afin de découvrir les quartiers entre deux visites. Le métro reste indispensable pour les grandes distances, mais marcher permet de découvrir une multitude de détails que l’on manquerait autrement. De bonnes chaussures ne sont clairement pas facultatives.
Nous étions à New York pendant le week-end du marathon sans y participer. Dès la veille, nous avons croisé de nombreux coureurs et découvert les installations autour de Central Park. L’événement était très visible sans pour autant empêcher nos visites. Pour nous, il a surtout ajouté une ambiance supplémentaire à un séjour déjà marqué par Halloween et l’automne.
