Deux semaines seulement après le semi de Cannes, je me retrouvais déjà sur une nouvelle ligne de départ. Cette fois-ci, pas de décor méditerranéen ni de voyage particulier. Le Semi du Bord de Saône se déroulait presque à domicile. Je ne visais aucun chrono. Après l’effort fourni à Cannes, mon seul objectif était simple : terminer la course.
J’étais venu avec ma femme Sarah et ma belle-sœur Léa. L’ambiance était bien plus simple que lors de mes deux précédents semi-marathons. Le parcours se déroulait sur des chemins que je vois souvent pendant mes entraînements sur les bords de Saône. Je pensais donc savoir exactement à quoi m’attendre.
Mais en course à pied, les choses ne se passent jamais tout à fait comme prévu.

Un départ classique… avant le premier vrai obstacle
Avec environ 600 coureurs au départ, l’ambiance est très différente de celle du semi du Beaujolais ou de Cannes. C’est plus calme et plus fluide. On ne se marche pas dessus, sauf dans les premiers mètres. Comme souvent, le peloton s’étire assez vite. Les premiers kilomètres se déroulent tranquillement. Le rythme est confortable. L’atmosphère est détendue. Rien de spectaculaire, mais c’est exactement ce que j’étais venu chercher.
Et puis arrive le quatrième kilomètre. Le parcours se dresse soudainement devant nous avec une montée très raide. Impossible de courir correctement. Autour de moi, beaucoup de coureurs passent à la marche. Je fais la même chose. L’élan du départ est coupé net.
Ce mur arrive tôt dans la course. Il rappelle une règle simple : un semi-marathon n’est jamais une formalité, même lorsqu’on court près de chez soi.
Redécouvrir un terrain pourtant familier
C’est probablement ce qui m’a le plus surpris lors de ce semi du bord de Saône. J’avais l’impression de connaître ces chemins. Pourtant, la course m’en a montré une autre facette.
Le parcours emprunte parfois des routes ou des sentiers que je vois de loin pendant mes entraînements. Je ne les utilise pourtant jamais. À d’autres moments, nous traversons des propriétés auxquelles on n’a normalement pas accès. Certaines portions passent près de châteaux ou de grandes demeures. Cela donne à la course un côté inattendu. Le tracé est aussi plus varié que je ne l’imaginais. Les chemins alternent entre routes, sentiers et passages plus vallonnés.
Et surtout, le dénivelé positif se fait bien sentir.
Courir près de chez soi ne signifie donc pas courir sur un terrain facile.

Une course plus intime que les grandes épreuves
Avec seulement 600 participants environ, l’atmosphère est très différente des semi-marathons plus populaires. Tout est plus simple. On respire mieux dans le peloton. Les coureurs sont rapidement espacés. Les ravitaillements sont fluides. L’ambiance reste agréable, même si elle est plus discrète.
Après l’effervescence du semi du Beaujolais et l’ambiance très touristique de Cannes, cette course paraît plus locale et humaine. C’est une autre manière de vivre la course à pied.
Les deux derniers kilomètres : finir au mental
Malgré le mur du quatrième kilomètre, la course se déroule plutôt bien. Mais comme souvent sur un semi-marathon, la difficulté apparaît dans les derniers kilomètres.
À deux kilomètres de l’arrivée, les jambes deviennent lourdes. L’énergie commence à manquer, même si je “high five” tous les enfants qui tendent une main. Je ne pense plus au temps ni au chrono. L’objectif est simple : continuer à avancer jusqu’à la ligne d’arrivée.
Les derniers mètres paraissent longs. Mais la ligne finit par apparaître. Je termine ce semi-marathon en 2 h 05.
Une arrivée différente des deux précédentes
Lorsque j’avais franchi la ligne d’arrivée du semi du Beaujolais puis celle de Cannes, l’émotion avait été très forte. Les deux fois, les larmes étaient montées immédiatement. Cette fois, c’est différent. Pas de débordement d’émotion. Pas de moment intense comme lors des deux premières courses. Juste une satisfaction simple. Celle d’avoir terminé un nouveau semi dans de bonnes conditions. Et cela se passe sur des chemins qui font partie de mon quotidien. Sans le savoir, cette journée allait pourtant marquer une étape importante dans mon parcours de coureur.

Pendant ce temps-là, à Los Angeles
Ce même dimanche, à plus de 9 000 kilomètres de là, des milliers de coureurs prenaient le départ du Marathon de Los Angeles.
Avec le décalage horaire, leur course commence après la mienne. Dans l’après-midi, je suis donc le live de cette épreuve mythique. C’est un marathon qui me fait rêver depuis longtemps. C’est pour lui que je cours et que je sors par tous temps. Pendant la retransmission, une information circule : les inscriptions pourraient ouvrir dans la nuit.
Je garde cela dans un coin de ma tête.
Lundi matin, 6 heures
Le lendemain matin, avant de partir travailler, je me connecte sur le site du Marathon de Los Angeles. Il est un peu plus de 6 heures. Je veux simplement vérifier si l’information entendue la veille était vraie.
Les inscriptions sont bien ouvertes !
Je sors ma carte bancaire et commence la procédure. Quelques minutes plus tard, tout est validé. C’est fait !!
Rendez-vous le 7 mars 2027
Pendant longtemps, courir ce marathon était une idée lointaine. Un projet présent dans un coin de ma tête. Cette fois, c’est officiel. Le 7 mars 2027, je serai sur la ligne de départ du 42ème marathon de Los Angeles. Ce sera mon tout premier marathon. Dimanche dernier, je courais simplement un semi-marathon près de chez moi. Le lendemain matin, je m’inscrivais pour courir 42,195 kilomètres à l’autre bout du monde !