C’est le dernier jour. Nous avons changé d’heure cette nuit, mieux vaut ne pas se tromper. Le petit déjeuner est pris sans traîner, les affaires sont préparées, et nous jetons un dernier regard à la skyline depuis la chambre. Une vue familière maintenant, presque rassurante. Les valises restent à l’hôtel, nous n’en aurons plus besoin avant le départ.
Nous prenons ensuite le Light Rail, une sorte de tram qui longe le New Jersey. Pendant le trajet, je remarque cinq Mustang. Plus que durant tout le séjour. Un détail qui me fait sourire, comme un clin d’œil avant de partir.

Liberty State Park, face à Manhattan
Nous descendons à Liberty State Park. Il reste un peu de marche, mais la météo est idéale. Le parc est animé sans être bruyant. Des coureurs s’entraînent, des familles se promènent, des chiens courent entre les arbres. La skyline de Manhattan se dresse en arrière-plan, découpée sur un ciel clair, tandis que les arbres aux couleurs d’automne occupent le premier plan. Le contraste est superbe.
Le parc n’a rien d’anodin. Aménagé dans les années 1970 sur d’anciennes zones ferroviaires et portuaires, Liberty State Park a été pensé comme un espace public ouvert sur l’histoire et la mémoire. Ici, New York se regarde à distance, depuis l’autre rive, comme pour mieux en saisir la démesure.
Nous traversons l’ancienne gare centrale du New Jersey, aujourd’hui réhabilitée. Le bâtiment, longtemps abandonné, a retrouvé une seconde vie. À l’intérieur, une serre. À l’extérieur, un chat nous observe, immobile. La scène est presque irréelle.
Un peu plus loin, nous passons les contrôles de sécurité dans un bâtiment temporaire blanc. Puis nous accédons au ferry, baptisé Miss Freedom, qui doit nous emmener vers la Statue de la Liberté.

La Statue de la Liberté, symbole universel
Nous nous installons sur les bancs extérieurs du bateau. Le soleil est bien présent et Manhattan s’éloigne lentement derrière nous. Le ferry s’arrête d’abord à Ellis Island, mais nous restons à bord. Les moineaux accueillent les passagers, visiblement habitués à trouver de quoi picorer à chaque escale.
Lorsque nous arrivons enfin au pied de la Statue de la Liberté, l’émotion est bien là. Même après l’avoir vue des dizaines de fois en photo, la découvrir de si près reste un moment particulier. Offerte par la France aux États-Unis et inaugurée en 1886, la statue devait célébrer l’amitié entre les deux nations et les valeurs communes de liberté et de démocratie. À l’époque, elle était aussi un signal fort envoyé aux millions de migrants arrivant par l’Atlantique.
Un fait moins connu : la statue n’a pas toujours été verte. Sa couleur actuelle est le résultat de l’oxydation du cuivre, un processus naturel qui a duré plusieurs décennies. Arthur Genre avait réalisé une vidéo intéressante sur le sujet :
Nous visitons le musée installé sur l’île. Il est très bien conçu et permet de comprendre l’histoire du monument, sa conception par Bartholdi, les défis techniques liés à sa construction, ainsi que le rôle de Gustave Eiffel pour la structure interne. Un film diffusé en trois parties complète la visite.
Le programme Junior Ranger
Les filles participent au programme Junior Ranger. Elles doivent répondre à quelques questions et dessiner les éléments principaux de la statue : la couronne, la tablette, la torche. Puis proposer leur propre version. Léna imagine une statue équipée d’un sabre laser, d’un skate et d’un Labubu. Zoé opte pour un justaucorps, une couronne et, elle aussi, un Labubu. Les deux reçoivent leur badge, malgré une petite confusion entre Ellis Island et Grand Central sur l’un des dessins.

Après la Statut de la Liberté, direction Ellis Island : la porte d’entrée de l’Amérique
Nous reprenons le ferry, cette fois en direction d’Ellis Island. C’est ici que se trouve le musée de l’immigration. Entre 1892 et 1954, plus de 12 millions de personnes ont transité par cette île avant d’entrer officiellement aux États-Unis. Pour beaucoup, Ellis Island représentait à la fois l’espoir d’une nouvelle vie et la peur d’être refoulé.
Nous prenons les guides audio et parcourons les différentes salles. Le musée retrace avec précision le parcours des migrants : l’arrivée, les examens médicaux, les interrogatoires, l’attente. Les témoignages, les objets personnels et les photos rendent l’expérience très concrète. Les guides audio destinés aux enfants diffèrent sont adaptés pour leurs âges. On réalise à quel point le destin de milliers de familles s’est parfois joué en quelques minutes, sur cette île.
Un détail peu connu : seuls environ 2 % des migrants étaient réellement refusés à Ellis Island. La grande majorité pouvait poursuivre sa route vers Manhattan.
Nous avions prévu de rentrer à pied dans le New Jersey via le pont d’Ellis Island, mais il est fermé. Nous reprenons donc le ferry qui s’apprête à repartir vers New York. De là, nous rejoignons l’Oculus avant de prendre le PATH pour retourner à l’hôtel et récupérer nos valises.

Départ
Un Uber nous conduit ensuite à l’aéroport de Newark, terminal C. La conduite est… sportive, et le chauffeur multiplie les “raccourcis” pour nous déposer au bon endroit. À l’aéroport, un agent United me lance un “Nice jacket” en apercevant ma veste Mustang – Écurie Ford France. Un dernier sourire avant les contrôles.
Aujourd’hui, nous avons marché 17 kilomètres. J’ai pris 191 photos avec mon téléphone et 122 avec mon appareil. Une dernière journée dense, chargée d’histoire et de symboles, parfaite pour refermer ce séjour new-yorkais.